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Pommes de terre
Les premiers contrats 2026-2027 tombent… et s’effondrent

Les premiers contrats de pommes de terre 2026-2027 tombent... Et ils ne sont pas de bon augure. Agristo a ouvert la marche avec une baisse de 40 €/t, soit -17 % en moyenne. Guillaume Lidon, directeur de l’UNPT (Union nationale des producteurs de pommes de terre), commentait cette annonce lors de l’AG de la coopérative Samarienne Sana Terra, ce 4 décembre.

 

Les pommes de terre 2026 ne seront plantées qu'au printemps prochain, mais elles ne valent déjà pas grand chose.
© Pexels/Jonathan David

140 €/t de prix de base en départ-champ pour des pommes de terre Fontane 35/50. C’est le prix – inférieur de 40 €/t – qu’Agristo annonce appliquer pour les contrats 2026/2027* proposés aux producteurs de pommes de terre. Et si l’industriel belge spécialiste des frites surgelées fait une telle annonce, «tous les autres le feront aussi», alerte Guillaume Lidon, directeur de l’UNPT (Union nationale des producteurs de pommes de terre), ce 4 décembre, lors de l’AG de la coopérative samarienne Sana Terra. «L’addition est lourde face à des coups de productions qui ne pourraient être couverts pour la prochaine campagne», commente-t-il. Lui craint non seulement une baisse des prix des contrats, mais aussi une «réduction assumée des volumes contractualisés de l’ordre de 15 %». 

Ces annonces surviennent dans un contexte de crise sans précédent pour la filière pommes de terre. Guillaume Lidon rappelle les faits : + 23 % de surface en deux ans, + 10,4 % de production, avec un rendement moyen national de 43,5 t/ha, soit 8,5 Mt de pommes de terre produites. «On vit clairement une crise de surproduction, avec 1,5 Mt de trop sur le marché.» La conséquence directe est l’effondrement du prix du marché libre, à 15 €/t en moyenne (prix Belgapom). Il était à 150 €/t il y a un an.

«Cette crise a débuté en février, à l’annonce des droits de douane instaurés par le gouvernement Trump aux Etats-Unis», rappelle le directeur de l’UNPT. Des industriels américains ont alors complétement stoppé leurs achats sur le marché libre. La parité forte €/$, et la baisse de la consommation hors foyer, alors que 8 frites sur 10 sont consommées hors foyer, n’ont fait qu’accentuer cette tendance. 

 

Recherche d’équilibre

Comment le syndicat voit-il l’avenir ? «La filière est clairement en recherche d’équilibre. Si les surfaces augmentent encore de 5 %, la surproduction sera énorme. Mais si elles baissent de 10 %, on sera déficitaire…» Guillaume Lidon pointe quelques points positifs, notamment les industriels qui investissent. «Ecofrost à Péronne avalera 200 kt/an à partir de mars, Altho augmente ses besoins de 15 kt/an dès 2026, et Agriko adapte ses ouvertures de ligne… Mais cela n’absorbera pas tout.» Il rappelle aussi que la consommation mondiale de pommes de terre est toujours en hausse, que la demande en produits transformés (chips et frites) reste forte, et que l’innovation industrielle et logistique est réelle. Il termine : «Nous devons adapter notre production pour que cette crise soit la plus courte possible

*Dans le détail, les prix annoncés par Agristo débutent à 140 €/t en départ-champ, terminent à 265 €/t en fin de campagne mi-juillet, passant par 179 €/t début janvier 2027.

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