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Culture
Cul-terreux, quand l’art et l’agriculteur se rencontrent

Louis Leroux est issu d’une grande famille d’agriculteurs originaires du Crotoy. Il est également un artiste et le directeur de l’entreprise Lerouflaquette Consortium et  présente jusqu’au 15 mars son exposition cul-terreux à La briqueterie d’Amiens.

Après huit mois de compagnonnage, Louis Leroux est de retour sur sa terre natale avec une exposition cul-terreux. De février à octobre 2024, il a découvert trois fermes dans l’Ouest de la France : dans le Maine-et-Loire, la Normandie et le Cotentin, grâce à l’association Fermes d’Avenir. «J’ai réalisé un compagnonnage dans le maraîchage. On est logé sur place, et on travaille pour apprendre des techniques d’agroécologie.»

 

Mise en scène burlesque

Pour raconter son expérience, le trentenaire a choisi la voie de l’art. Pour permettre une immersion totale lors de la visite, l’artiste picard nous plonge à l’aide de sonores au cœur d’un poulailler. «Alors, je me mets en scène dans des situations burlesque… Avec un chapeau de plante ou dans de la laine de mouton», ajoute-t-il.

Mais alors pourquoi ce nom cul-terreux ? «C’est une expression souvent perçue comme une insulte. On juge les gens de la terre, commente Louis. Mais c’est un savoir-faire aussi important que les autres métiers. C’est aussi une manière pour moi de provoquer.» Cette exposition est en préparation depuis un an et demi : «J’ai accumulé une cinquantaine d’objets, de photos et de vidéos.» Fils d’agriculteur, l’artiste se met également en scène dans la ferme familiale crotelloise.

 

Un projet d’avenir

Lors de son compagnonnage, une fois par semaine, Louis recevait une heure de tutorat avec les fermiers pour leur poser toutes les questions nécessaires : «Je suis ressorti de ces échanges avec un dossier de quarante pages pour un projet concret d’installation.» Une expérience enrichissante, qui lui a permis de le mettre en confiance pour son avenir. «Mon père approche de la retraite alors on se pose la question de la transmission.» Bachelier d’un lycée agricole, l’idée de s’installer mûrit depuis quelques années. Mais pour le picard, il n’est pas question de reprendre les 90 hectares. «J’aimerais travailler sur un hectare de culture. Et pour le reste, l’objectif serait de reboiser et planter des haies.» Louis aimerait également ouvrir son exploitation au collectif. «Je pourrais faire appel à des artisans-boulangers, à des éleveurs ou des producteurs de houblon, explique-t-il. Au début, je serais obligé de cultiver toutes les terres, le temps de trouver des solutions pour rentabiliser l’investissement.»

La gestion d’entreprise n’est pas un domaine méconnu pour celui qui se voit en futur maraîcher. Depuis 2018, il est le directeur de Lerouflaquette Consortium. Une entreprise particulière puisque son objectif premier est de perdre de l’argent. Une idée originale, qui prône l’importance des choses inutiles : «L’inutilité prend vie à travers des objets en matériaux récupérés, des vidéographies, des photographies et des actions dans l’espace public.» Agir de façon désintéressée, c’est finalement ce que prône Lerouflaquette Consortium.

Pour découvrir, cette exposition rurale et originale, c’est jusqu’au 15 mars, à La Briqueterie d’Amiens. Un combat de plantes y est même organisé.

 

Fermes d’Avenir, un programme de compagnonnage agroécologique

Fermes d’Avenir est une association de soutien au développement de l’agroécologie créée en 2013. Son objectif est d’accélérer la transition agricole en France, en faisant pousser des fermes agroécologiques sur tout le territoire. L’Association met également en place des programmes de compagnonnage. Pendant plusieurs mois, les Compagnons suivent une formation agricole pratique, immersive et itinérante sur les fermes de leur réseau. Une expérience qui permet de se confronter à différentes pratiques agroécologiques, compléter leurs apprentissages par des interventions d’experts, et peaufiner leur projet d’installation.

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