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Gestion des bords de chemins en milieu agricole

Souvent considérés comme une perte de surface agricole pour les agriculteurs, ils ont pourtant un intérêt agronomique. Explications avec Caroline Le Bris, du groupe technique national Agrifaune.

Caroline Le Bris.
Caroline Le Bris.
© F. G.



De quoi parle-t-on quand on parle d’un bord de chemin ?

Il s’agit d’une zone de végétation spontanée entre une parcelle agricole et un autre milieu jusqu’au passage des roues.

Les agriculteurs les considèrent comme des foyers d’adventices et des nids de ravageurs. Quel est votre avis ?
Les relevés, que nous avons réalisés dans plusieurs régions de France, ont démontré que les adventices présents sur les bords ne représentent que 20 %. Les 80 % restants se composent de fleurs de type prairial (dactyle, trèfle rampant, pâturant des prés…). Or, quand des fleurs pérennes sont installées, il n’y a plus de place pour les adventices. Enfin, si on met à nu des bordures de champs, on crée un terrain favorable pour le développement des adventices.

Votre groupe met en avant l’intérêt de la biodiversité dans ces bords de chemins. Mais comment concilier biodiversité et intérêt agronomique ?
Cela passe par une bonne gestion de ces lieux. L’entretien doit se faire en fonction de l’état de la bordure du chemin. Si toutes les bordures sont sans adventice de culture, un entretien mécanique doit être réalisé assez haut, et plutôt entre août et septembre, puis début avril, pour l’intérêt de la flore et de la faune. En revanche, dans le cadre de bordures avec des adventices, on conseille un broyage ciblé s’il n’y a que des taches, assez haut et au printemps ou à l’été. Dans le cas où il y a beaucoup trop d’adventices, les pratiques de resemis d’espèces sauvages diversifiées et prairiales sont conseillées, mais uniquement sur des bordures où l’agriculteur n’a pas besoin de rouler. Ensuite, il faut laisser s’exprimer la flore. Les tests réalisés ont montré que cela permet une bonne gestion des adventices et de limiter l’usage de produits phytosanitaires.

Je suppose que le resemis de semences a un coût. Quel est-il ?
Le coût est de 15 € pour 100 m de long et deux fois 2 m de large, soit pour 200 m2. C’est, en effet, un élément rédhibitoire pour les agriculteurs, car ces semences sont plus chères que les autres types de couverts végétaux. En revanche, il ne faut pas oublier que cela permet le développement de la flore et de la faune, et que l’on ne sème qu’une fois.

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