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Les agriculteurs des bas champs s’unissent

L'agriculture dans les bas champs souffre de handicaps liés à la spécificité de ce territoire. Pour mieux y faire face, les agriculteurs se sont réunis au sein de l’association «Paysans du Sud de la Baie de Somme».

Daniel Roguet, président de la chambre d'agriculture, a  incité les organismes agricoles à s’associer au suivi technique proposé par la chambre d’agriculture pour améliorer les performances et adapter les pratiques dans les bas champs.
Daniel Roguet, président de la chambre d'agriculture, a incité les organismes agricoles à s’associer au suivi technique proposé par la chambre d’agriculture pour améliorer les performances et adapter les pratiques dans les bas champs.
© AAP

Vendredi 6 février avait lieu la première grande réunion de l’association «Paysans du Sud de la Baie de Somme» en présence du sénateur et président du Conseil général, Christian Manable, de la Ddtm, de représentants du syndicat mixte de la Baie de Somme grand littoral picard, d’élus politiques ainsi que de l’ensemble des organisations professionnelles agricoles.
Après avoir remercié l’ensemble des participants, ainsi que les entreprises de travaux agricoles du secteur, Emmanuel Noiret et Régis Brunet ont présenté les objectifs de cette association qui sont les suivants : maintenir et conforter les exploitations agricoles des bas-champs, représenter les adhérents de l’association auprès des organisations agricoles et instances publiques, promouvoir l’agriculture du territoires via la création d’une marque, étudier l’adaptation de pratiques agricoles spécifiques aux bas-champs, et enfin, veiller à la transmission des parcelles à des agriculteurs ou de futurs agriculteurs du territoire des bas-champs.

Des difficultés liées à une météo défavorable
La naissance de cette association fait suite aux difficultés rencontrées par les agriculteurs des bas-champs depuis les trois dernières années, additionnées aux contraintes environnementales et de construction. En effet, en 2014, la récolte a rendu seulement 52 (de 5 à 65) quintaux de l’hectare au lieu de 92 quintaux de moyenne dans la Somme. Et pourtant, il faut environ 40 €/ha de charges supplémentaires pour produire, soit près de 5 000 € par an et par exploitation.
Le quota lait n’est réalisé qu’à 93% à cause de la baisse de production par manque d’aliment ou par décapitalisation du cheptel.
Un suivi technique plus approfondi sera proposé par la chambre d’agriculture pour améliorer les performances et adapter les pratiques au territoire. Daniel Roguet, son président, incite d’ailleurs les autres organismes agricoles à s’associer à ce suivi chez chaque agriculteur. Parce qu’actuellement, si le produit d’exploitation est assez proche de la moyenne départementale, les charges sont deux fois plus élevées.

Des normes environnementales qui ont un coût
Pas moins de sept zonages couvrent les bas-champs. Et la spécificité du paysage engendre des coûts supplémentaires : les cours d’eau Bcae représentent 68 km de terres à entretenir mais non cultivables soit 1,5 ha non productif par exploitation pour un manque à gagner de 2 000 € par an. Et l’entretien de ces cours d’eau se chiffre à 6 000 € par an (taxe de défense contre la mer et taxe syndicat d’assainissement). Sans compter que si chaque agriculteur entretenait les fossés privés, cela reviendrait à 10 000 € par an. Mais cet entretien oblige à faire des demandes auprès des services de l’Etat, pour préserver la biodiversité dans l’eau.
Enfin, les bâtiments des exploitations sont vieillissants et avec le nouveau zonage de la directive nitrate, les exploitants vont devoir réaliser les mises aux normes et investir pour le développement de leurs exploitations.
Or le plan de prévention des risques inondations conditionne ces projets et impose au minimum de surélever les constructions soit un surcoût de 10 000 à 15 000 € pour 1 000 m².

Des opportunités malgré tout
La Baie de Somme attire chaque année 1,2 million de visiteurs. Il serait donc intéressant de développer l’accueil à la ferme et la vente en circuit-court sur cette zone sud de la baie. Et pour ce qui est propre à l’agriculture, l’association étudie avec la chambre d’agriculture, les possibilités d’Ichn pour 2018 et les MAE (entretien des mares, réduction des phytos) pour 2015, avec le syndicat mixte.

Paysans du Sud de la Baie de Somme

Les résultats du diagnostic établi par la chambre d’agriculture
17 exploitations enquêtées sur les 19
9 spécialisées en lait
4 spécialisées en viande bovine
4 élevages mixtes
1 atelier hors-sol de porcs en engraissement

2 340 hectares de SAU soit 135 ha de moyenne dont 78% situés dans les bas-champs
790 hectares de prairies permanentes soit 34% de la SAU.
50% des prairies sont humides.

28 chefs d’exploitation et 5 salariés soit 2 UTH/exploitation
Des jeunes motivés en phase d’installation ou installés depuis moins de 10 ans.
Sur 19 exploitations, 8 sont représentées au sein des conseils municipaux.

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