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Ne pas se précipiter pour les semis de lin

Avec les épisodes de gel et de pluies successifs depuis février, les sols sont froids et insuffisamment ressuyés. Il est important d’attendre les bonnes conditions de semis pour assurer une levée rapide et homogène des linières. Le point avec Arvalis- Institut du végétal sur les points clés à respecter pour réussir les implantations de lin fibre de printemps.

La qualité du semis conditionne la régularité du peuplement. Entre 1 500 et 1 800 plantes par m2, les rendements sont à l’optimum.
La qualité du semis conditionne la régularité du peuplement. Entre 1 500 et 1 800 plantes par m2, les rendements sont à l’optimum.
© Arvalis-Institut du végétal

Le lin est très sensible aux accidents de structure, particulièrement au stade jeune. Ils peuvent avoir de multiples conséquences : mauvaise qualité de l’enracinement, retard de levée, voire levées multiples et perte de pieds. Il est primordial de reprendre les sols lorsque ceux-ci sont suffisamment ressuyés et réchauffés afin d’obtenir des conditions de semis favorables à la réussite de la culture.

Soigner la préparation du sol

La première consigne pour mettre un maximum de chances de son côté pour réussir l’implantation du lin est d’effectuer une reprise sur un sol ressuyé jusqu’à 30 cm. L’humidité doit y être inférieure à 18 %. En effet, compte tenu qu’il a régulièrement plu depuis début mars (tableau 1), il faut être attentif au ressuyage du sol. Ensuite, il convient de limiter les nombres de passages, puis de préparer un lit de semence fin sur 3 à 5 cm

Quelques précautions à prendre au moment du semis

Au moment du semis à proprement parler, d’autres conseils sont à suivre : 

• Semer à une profondeur comprise entre 1 et 2 cm suivant les conditions de la parcelle. Pour avoir une levée homogène, il est important de semer à une vitesse réduite (6 km/h).

• Semer en s’assurant qu’aucun épisode de pluies n’est annoncé au moins dans les 48 heures pour permettre le blanchiment des terres. Cela favorisera la cohésion du sol en surface et limitera le risque de battance en cas de fortes pluies.

• Semer sur un sol réchauffé (température supérieure à 8°C). Le lin croît à partir de 5°C, des températures douces favoriseront une levée rapide et réduiront la période de sensibilité de la plante aux altises. Il est donc important d’attendre le retour des températures douces (supérieures à 10°C).

Viser un peuplement de 1 600 plantes levées par m2

Le peuplement doit être régulier, avec un nombre de plantes par mètre carré compris entre 1 500 et 1 800 (tableau 2). Afin d’obtenir une densité optimale, il est conseillé de tenir compte de la date du semis et du type de sol. Ainsi, pour les semis en sols difficiles (forte teneur en argile, préparation grossière), il est conseillé d’augmenter la dose de semences de l’ordre de 20 % afin de pallier des éventuels problèmes de levée. Pour les semis précoces, souvent réalisés dans des sols froids, mal ressuyés et avec des préparations de sol grossières, il convient de majorer la densité de semis d’environ 10 %. Pour les semis plus tardifs, favorables à une bonne germination des plantes, il n’est généralement pas nécessaire d’augmenter la dose de semences.

Le tableau 2 reprend les valeurs indicatives des doses de semences en fonction du poids de mille graines (PMG). Ces valeurs sont à ajuster selon les conditions énumérées ci-dessus. Le respect de l’ensemble de ces conditions permet alors au lin de démarrer dans de bonnes conditions. Une linière levée rapidement et de manière homogène sera moins exposée aux attaques d’altises. De plus, le recouvrement rapide du sol par le lin est un premier levier pour lutter contre le développement des adventices.

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