Les agriculteurs mobilisés devant des hypermarchés E.Leclerc
Ce samedi matin, des agriculteurs de la Somme distribuaient des tracts aux clients des hypremarchés E. Leclerc de Rivery, Montdidier et Pont-Rémy, pour dénoncer la « désinformation » faite par le PDG de l'enseigne.

« Bonjour, nous sommes agriculteurs. Nous demandons une meilleure répartition des marges. » Ce samedi matin, un peu plus d'une trentaine d'agriculteurs répondaient à l'appel à mobilisation de la FDSEA 80 et des Jeunes Agriculteurs et distribuaient des tracts aux clients des hypermarchés E. Leclerc de Rivery, Pont-Rémy et Montdidier.
Le but : dénoncer la « désinformation » récente de Michel Edouard Leclerc, PDG de l'enseigne du même nom. Celui-ci agite la menace d'une flambée des prix en hypermarché, alors que les Etats généraux de l'alimentation, qui réunissent tous les acteurs des filières agricoles (producteurs, transformateurs, distributeurs), tentent d'aboutir à une meilleure répartition des marges, et une prise en compte des coûts de production.
Des consommateurs solidaires
« Monsieur Leclerc annonce une hausse des prix de 5% à 15% sur des milliers d'articles alimentaires, sous prétexte d'aider les agriculteurs, explique Christophe D'Halescourt, éleveur à Hescamps. Alors que 6% du prix du panier alimentaire seulement nous revient. Sur un chariot de courses entier, les produits alimentaires représentent environ 40%. Il n'y a qu'à faire le calcul... Ca ne signifie sûrement pas une telle augmentation pour les consommateurs. »
Une mobilisation plutôt bien accueillie des clients. "Quand vous n'existerez plus, on n'aura plus rien à manger", encourage Thierry, au volant de sa voiture. Michel et sa fille Stéphanie, habitués du magasin, sont aussi d'accord : "On sait bien que le producteur est le lésé. Ils ont bien raison de montrer leur mécontentement."
Des discutions avec les directeurs
Dans les trois hypermarchés ciblés, des représentants JA et FDSEA 80 ont pu discuter avec les directeurs. Le directeur de Rivery, Monsieur Leclair, dit « comprendre le mécontentement des agriculteurs. C'est bien pour ça que nous nous engageons à vendre des produits des Hauts-de-France ». Mais Françoise Crété, présidente de la FDSA, tenait à ce que le magasin local fasse remonter le message à la hiérarchie : « Nous voulons rétablir la vérité sur le faux message que Michel Edouard Leclerc veut faire passer aux ménages. Et nous voulons qu'il s'engage dans des prix plus justes pour les producteurs. » Et de prévenir: « Nous mènerons des actions beaucoup plus fortes si rien ne change ! »