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Betterave : en semis direct, est-ce raisonnable ?

Des agriculteurs adeptes de l’agriculture de conservation dans les Hauts-de-France évaluent les résultats de leurs premières expérimentations.

Préservation de la structure du sol, réduction des charges de mécanisation et de la levée des adventices, optimisation de la fertilisation... le choix du semis direct en betterave présente bien des intérêts. 
Préservation de la structure du sol, réduction des charges de mécanisation et de la levée des adventices, optimisation de la fertilisation... le choix du semis direct en betterave présente bien des intérêts. 
© M. PORTIER


Semer des betteraves sucrières sans travail du sol et sous couverts, pour quels résultats ? C’est ce qu’a cherché à savoir François Peaucellier, agriculteur dans l’Oise et président de l’Apad 60. Après une année d’expérience, son expérimentation a fait elle aussi l’objet d’une présentation détaillée lors de l’assemblée générale de l’Apad 62. Pour mener à bien ses essais et tenter d’atteindre l’objectif de semer 100 % des surfaces de son exploitation en direct, l’agriculteur a investi dans un semoir de précision à disques Vanderstad Tempo R de six rangs, avec une trémie frontale Kuhn.
Pour la betterave, la densité retenue est de 120 000 pieds par hectare, à la vitesse de 10 à 12 km/h. Pour tenir compte d’un ressuyage suffisant des parcelles, les semis 2017 ont été réalisés entre le 20 mars et le 3 avril, avec l’utilisation d’un chasse-débris pour dégager la ligne des restes du couvert préalablement détruit. Si ce dernier aurait dû maintenir un bon taux d’humidité du sol, un épisode de sécheresse a provoqué une réouverture des sillons, laissant aux ravageurs l’opportunité de s’attaquer aux graines. La conséquence aura été une perte de densité, d’environ 50 %.
Pour éviter cela, il est donc nécessaire d’augmenter la densité de semis et d’éviter la succession de conditions trop fraîches, puis sèches. En phase de développement, on a pu constater un retard en défaveur du semis direct comparativement à la conduite avec labour, et ce, jusqu’à l’étape de couverture, ainsi que des pivots sortant plus du sol. On ne constate néanmoins pas de différences entre les deux modalités sur le nombre de betteraves fourchues. Le semis direct semble, par ailleurs, faire profiter à la culture d’une meilleure tenue à la sécheresse.

Un effet négatif sur le rendement brut, mais…
A la récolte, le rendement est de 74 t/ha pour un arrachage au 25 septembre des betteraves semées en direct. Au 20 octobre, il est de 94 t/h et chute à 84 t/ha pour un arrachage au 10 novembre, soit un tonnage moyen de 84 t/ha, ce qui correspond à 10 t/ha de moins que le rendement constaté dans un système «labour». Néanmoins, le choix du semis direct pour la betterave présente bien d’autres intérêts : préservation de la structure du sol, réduction des charges de mécanisation et de la levée des adventices ou encore optimisation de la fertilisation.
Lors du désherbage, on constate une pression «adventices» moindre, qui ne dispense pas d’un contrôle. A l’arrachage, le fait de ne pas avoir travaillé préalablement le sol révèle des impacts positifs : une meilleure portance du sol, une implantation plus facile de la culture suivante (blé) et moins de terre au déterrage. Parmi les inconvénients, on constate toutefois un effeuillage plus délicat à réaliser et un ramassage plus compliqué de certaines betteraves hors calibre.

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