Fiscalité de la France et l’Allemagne : qui est le plus taxé ?
La France cherche toujours à unifier sa fiscalité avec l’Allemagne, mais au fil du temps, la divergence s’est amplifiée. Regard sur la fiscalité de ces deux pays.

L’étude de l’association Fipeco, qui regroupe une vingtaine d’experts des finances publiques, a fait un constat des prélèvements obligatoires des deux pays. Elle note que l’écart s’est creusé de 2008 à 2015, passant de 6,8 à 8,6 points de PIB*. Cette différence est imputable, notamment à la fiscalité du capital détenu (l’Allemagne n’a plus d’impôt de solidarité sur la fortune depuis 1997), aux droits de mutation des cessions à titre onéreux et à la transmission à titre gratuit (donations et successions) du capital. L’écart vient également du financement des retraites et des dépenses de santé. En Allemagne, les contributions facultatives à des assureurs privés est très important, alors que la France privilégie les contributions à des assureurs publics. Ces impôts ont une tendance croissante en France, alors qu’en Allemagne ils restent stables. Les prélèvements sur le travail pèsent beaucoup sur les entreprises françaises, l’intervalle représente six points de PIB pour les cotisations sociales et les impôts des entreprises sur les salaires. En ce qui concerne la TVA, les deux pays sont très proches et l’écart reste faible. Les systèmes fiscaux et sociaux se sont éloignés depuis 2008 entre les deux pays, du fait des impôts sur le revenu qui ont augmenté plus vite en France, tout en restant inférieurs au niveau allemand. Par contre, les prélèvements sur le capital et les cotisations sociales des employeurs sont encore bien plus élevés en France.
* Le PIB en France est de 2 488 milliards d’euros, et en Allemagne de 3 473 milliards d’euros.
Retrouvez le graphique représentant les prélèvements obligatoires en France et en Allemagne et le tableau des différences des deux pays dans votre journal l'Action Agricole Picarde.