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Le colza flambe sur fond de pénurie mondiale

La graine de colza s’échange à plus de 500 €/tonne, un record historique en raison d’une pénurie mondiale d’oléagineux et d’une demande toujours plus
soutenue. La hausse n’est peut-être pas à son terme.

Faute de grain à moudre, la Chine accélère d’ailleurs ses achats de porc et d’huiles, y compris sur le marché européen. Cette flambée des cours tous azimuts devrait se poursuivre jusqu’à l’été.
Faute de grain à moudre, la Chine accélère d’ailleurs ses achats de porc et d’huiles, y compris sur le marché européen. Cette flambée des cours tous azimuts devrait se poursuivre jusqu’à l’été.
© J.-C. Gütner

C’est à un véritable rallye, comme on dit en termes boursiers, que l’on assiste depuis un mois pour les cours des oléagineux, colza, mais aussi soja et tournesol. La flambée est observée partout dans le monde et pourrait encore s’accélérer si l’écart entre l’offre et la demande devait se poursuivre. En Europe, la graine de colza sur le FOB Moselle a atteint 535 €/t, soit pratiquement 200 € de plus par tonne qu’il y a un an, quand la France entrait en confinement. C’est un plus haut historique. Le Rendu Rouen affiche le même cours et les marchés à terme pour la récolte 2021 affichent déjà des niveaux très élevés, à 450 € la tonne pour le mois de juillet. 

Même situation pour le tournesol, à 560 €/t pour le Rendu Saint Nazaire ou au port de Bordeaux, contre 330 €/t il y a un an. La hausse est alimentée par la flambée de l’huile de tournesol à Rotterdam, et par la demande en biodiesel qui est redevenu attractif avec l’augmentation brutale des cours du pétrole. Ailleurs dans le monde, les prix s’envolent aussi. La graine de canola sur le Winnipeg Grain Exchange vient d’atteindre 655 $/t, les stocks de fin de campagne étant au bord de l’épuisement. Le ministère de l’Agriculture canadien, StatCan, les estime à moins d’un million de tonnes (Mt). C’est d’ailleurs ce même chiffre d’1 Mt que l’Europe indique pour les oléagineux en fin de campagne. 

 

Craintes sur la production

À Chicago, la graine de soja s’échange à 530 $/t, des cours soutenus par une accélération des achats par la Chine dont le niveau de trituration atteint 98 Mt. Faute de grain à moudre, la Chine accélère d’ailleurs ses achats de porc et d’huiles, y compris sur le marché européen. Cette flambée des cours tous azimuts devrait se poursuivre jusqu’à l’été. La sécheresse qui sévit en Argentine va réduire la production à 47,5 Mt, contre plus de 50 Mt pour une récolte normale. Le gouvernement argentin a mis en place des taxes à l’exportation pour réduire les prix de la graine de soja sur le marché intérieur, et les acteurs économiques exportent de plus en plus d’huiles et de farines pour contourner l’obstacle. 

Au Brésil, selon l’USDA, la production de soja est estimée à 134 Mt, mais les pluies très abondantes retardent la récolte et de nombreux analystes contestent les prévisions. La Chine, d’ailleurs, préfère reporter ses achats aux États-Unis et en Europe, pour assurer ses approvisionnements. Mais comme elle est en froid diplomatique avec l’Australie et qu’elle n’importe plus son canola, c’est l’Europe qui s’empresse de récupérer l’offre de canola australienne !
C’est ce qui lui permet de compenser un peu la pénurie d’offres au Canada...

D’une manière générale, c’est la pénurie qui prévaut partout. Les besoins mondiaux en soja sont évalués à 365 Mt quand la production peine à atteindre 360 Mt. Les 27 Mt de colza, soja et tournesol produits en Europe sont largement insuffisants pour satisfaire la demande actuelle. Avec la sortie anticipée de la crise de la Covid, la hausse des produits pétroliers et la faiblesse des disponibilités, les cours pourraient grimper jusqu’à la prochaine récolte. Peut-être jusqu’à 600 €/t. Un beau pactole pour les producteurs qui ont connu deux années de vaches maigres en volume, et souffert des aléas climatiques et écologiques.

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