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Le médiateur demande une hausse de 2,5 centimes/litre dès avril

Le médiateur a tranché. Maintenant producteurs, transformateurs et distributeurs doivent adhérer au dispositif.

Après plusieurs mois de revendications des éleveurs appuyées par de nombreuses manifestations, le médiateur Francis Amant a proposé  une hausse du prix du lait. «Chacun est maintenant face à ses responsabilités», a-t-il déclaré.
Après plusieurs mois de revendications des éleveurs appuyées par de nombreuses manifestations, le médiateur Francis Amant a proposé une hausse du prix du lait. «Chacun est maintenant face à ses responsabilités», a-t-il déclaré.
© Laetitia Brémont/l’Eure Agricole

Les éleveurs, qui réclamaient une revalorisation du prix du lait de 2 à 3 centimes, ont été entendus. Le médiateur des relations commerciales agricoles a estimé le 26 avril qu’il était «souhaitable d’augmenter d’au moins 25 euros les milles litres le prix du lait payé aux producteurs pour la totalité du lait livré en 2013» et ce, dès le mois d’avril. En d’autre terme, il demande aux distributeurs et industriels une hausse de 2,5 centimes/litre du prix versé aux producteurs pour rattraper la hausse de leurs charges. «Le prix d'achat du lait de vache aux producteurs est depuis le début de l'année 2013 inférieur au prix du lait constaté sur le marché et ne (leur) permet plus de couvrir leurs charges», indique un communiqué du médiateur désigné le 8 avril par le ministre de l’Agriculture suite à une table ronde entre producteurs, transformateurs et distributeurs.
Cet accord prévoit également un volet «spécial distribution»: celle-ci devra s'acquitter d'une «hausse technique» de 3 centimes/litre pour le lait de consommation et de 2 centimes pour le lait incorporé dans les produits laitiers. Elle sera versée aux industriels à partir du 1er juin et figurera en pied de facture. Surtout, elle sera «indépendante des négociations commerciales entre chaque enseigne et ses fournisseurs», précise-t-il en ajoutant qu'elle a été «acceptée par la grande distribution».
Le médiateur indique d'ailleurs avoir conduit sa mission «autour des deux principes d'une revalorisation rapide du prix payé au producteur et d'un partage équitable de l'effort financier correspondant entre les transformateurs et la distribution».
Le médiateur a invité l’ensemble des acteurs de la filière à « confirmer leur adhésion» au dispositif afin que la revalorisation du prix du lait payé aux producteurs soit effective dans les premiers jours de mai. Mais les réactions ne sont pas unanimes.

Les réactions
La Fédération nationale des coopératives laitières (Fncl) juge les propositions techniques «insuffisantes pour assurer la reconstitution des marges des transformateurs» Les prix du lait s'enflamment sur le marché mondial, en raison d'une moindre production de la Nouvelle-Zélande donc d'une moindre disponibilité, et la FNCL souhaite une remise à plat complète des relations commerciales avec la distribution. Sur certains produits laitiers, affirme-t-elle, les transformateurs «travaillent à perte» depuis un an.

Le syndicat des Jeunes agriculteurs (JA) a salué les propositions du médiateur mais attend l’engagement concret des transformateurs. De plus, les JA veulent une revalorisation des prix pour l’ensemble de la filière.

La Fédération nationale des producteurs de lait (Fnpl) se félicite des propositions du médiateur et souhaite leur application sans délai. «La négociation qui vient de se conclure doit se faire de manière systématique quand le contexte l’exige», indique la Fnpl qui souhaite que soit inclus dans la Loi de modernisation de l’économie (LME) un dispositif qui permette de prendre en compte la pression des charges liées aux coûts de l’alimentation.

Côté distribution, Carrefour a aussitôt fait savoir que «compte tenu de la situation actuelle des éleveurs laitiers», l'enseigne avait décidé de «s'engager sans délai dans le dispositif proposé». Le numéro un français de la distribution a appelé également à créer «aussi vite que possible une interprofession réunissant éleveurs laitiers, industriels et distributeurs».
Sur son blog, Michel-Edouard Leclerc a indiqué que les centres E.Leclerc «acceptaient le principe du plan proposé par le gouvernement, d’autant que les pouvoirs publics ont arbitré en faveur d’une solidarité partagée entre distributeurs et industriels». Cependant, les centres E.Leclerc auraient préféré un système d’aide directe à la production, comme ils l’avaient proposé à la mi-avril. «La méthode retenue par le gouvernement pourrait s’avérer extrêmement complexe, s’agissant des modalités de calcul de hausse sur les produits très transformés».
Michel-Edouard Leclerc rappelle qu’il ne soutiendra que les producteurs laitiers français et demandera aux industriels de certifier l’origine de leur approvisionnement et exclura du dispositif de soutien les produits d’importation et/ou les produits élaborés à partir de lait importé.
Il souhaite également que cet accord soit aussi valable pour les distributeurs étrangers présents en France (notamment les hard discounters). «La non-participation de ces enseignes au plan de solidarité avec les producteurs laitiers français viendrait créer une situation de distorsion de concurrence par rapport aux distributeurs français», indique le patron des centres E.Leclerc.

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