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Oléo-protéagineux : la filière peaufine son organisation

Chaque année, la FOP (fédération des producteurs d’oléo-protéagineux) organise des réunions en régions afin d’expliquer les actions mises en place par la filière oléo-protéagineuse et de présenter ses principaux projets. La dernière a eu lieu le 19 mars dernier à Beauvais, avec la participation de Gérard Tubéry, président de la FOP, et de Jean-Philippe Puig, directeur général du groupe Avril (ex-Sofiprotéol).

L'usine de Venette dans l'Oise, spécialisée dans l'oléo-chimie et la production de diester, est l'un des 24 sites industriels que possède le groupe Avril (ex Sofiprotéol).
L'usine de Venette dans l'Oise, spécialisée dans l'oléo-chimie et la production de diester, est l'un des 24 sites industriels que possède le groupe Avril (ex Sofiprotéol).
© Christian Schryve

En ouvrant cette réunion, Gérard Tubéry a exprimé la morosité observée auprès des agriculteurs, toutes productions confondues : y compris dans les grandes exploitations, en grandes cultures, on rencontre parfois des situations très fragiles, disait-il. Cela vient des difficultés économiques, liées à une baisse des aides et à des prix trop bas, et à l’excès de contraintes administratives, de «paperasses» qui semblent inutiles et incohérentes. Pourtant, «l’agriculture est une chance pour la France et une chance pour les territoires» et il y a des opportunités. La FOP est l’une des organisations de producteurs qui cherche à les saisir.

Le plan protéines
La FOP avait présenté un plan protéines ambitieux, a expliqué son président. L’Europe souffre d’un déficit en protéines : elle consomme 50 millions de tonnes d’équivalent tourteaux de soja, mais n’en produit que 15, soit une dépendance de 70 % ; cette dépendance est un peu moins forte pour la France
(45 %), du fait du plus fort développement de sa filière des biocarburants qui produit des tourteaux de colza ou de tournesol. Mais ce plan n’a pas été retenu par les autorités françaises et européennes, le seul acquis venant du recouplage des aides (y compris pour le soja), mais avec une enveloppe insuffisante. La FOP a cependant obtenu d’autres points en faveur des oléo-protéagineux, par exemple la possibilité de cultiver de nombreuses espèces de légumineuses sur SIE, sans contraintes sur la fertilisation ni sur la protection phytosanitaire.
Elle espère un développement des surfaces en oléo-protéagineux, en particulier le soja, dont les nouvelles variétés, plus précoces, vont pouvoir agrandir les zones traditionnelles de cette culture jusque dans notre région.

La gestion des risques
Cette question a été abordée par Thibaut Ledermann, l’ancien directeur de la Frnbp (Fnsea Nord-Bassin Parisien) arrivé à la FOP, qui a présenté le changement de l’assurance récolte par «l’assurance socle». Trop peu de surfaces étaient assurées contre les risques climatiques, et les assureurs lui reprochaient un rapport sinistres/cotisations défavorable. Pour être incitatif, ce régime d’assurance a besoin de subventions, dont l’Etat avait réduit le taux (de 65 % à  40 % pour 2013, pour revenir peut-être à 55 % pour 2014).
Un nouveau régime se met en place, pour apporter une protection minimale contre les «coups durs», étendu à l’ensemble des cultures, y compris en prairies. Il s’agira d’un régime assuranciel, non obligatoire, que les agriculteurs espèrent plus transparent. Grâce à un taux de subvention de 65 % (pour l’ensemble des cultures), le coût de souscription sera plus faible, mais le seuil de déclenchement et la franchise passent à 30 % ; et il y aura des options, dont certaines devraient pouvoir être subventionnées.

Une année historique
Cette réunion avait, entre autres buts, de présenter la nouvelle gouvernance de la filière. Il y a eu en effet une modification juridique des structures, pour leur donner un schéma plus visible, plus transparent. L’organisation économique de la filière a été mise en place en 1983, à l’initiative de la FOP qui a voulu que les producteurs en assurent totalement la gestion. C’est un modèle du genre, unique en France et en Europe.
Sofiprotéol, devenu le groupe Avril en décembre dernier, réalise une chiffre annuel d’affaires de 7 milliards d’euros et représente 8.200 personnes (chiffres 2013), avec une présence dans 22 pays. Il détient 24 sites industriels (dont douze en France, l’un d’eux étant implanté dans l’Oise, à Venette) pour le pôle végétal, et 65 sites industriels (dont 55 en France) pour le pôle animal : usines d’aliments du bétail, abattoirs et ateliers de découpe… Ce groupe est présent dans les filières des huiles végétales, de l’énergie, de la chimie et de l’alimentation animale en particulier, avec une position de leader sur de nombreux secteurs.
La transformation du groupe industriel a plusieurs objectifs dont celui de bien distinguer l’activité du pôle industriel de celle de la société de financement (qui s’appelle toujours Sofiprotéol) et de développement  Cette transformation radicale des contours du groupe industriel marque une nouvelle étape. 2014 sera «une année historique», disait Gérard Tubéry, puisqu’elle est celle de la formalisation d’une nouvelle gouvernance de la filière agro-industrielle dans ces filières.
Ce nouveau schéma capitalistique devait aussi réaffirmer le rôle des producteurs au travers de la FOP, qui conforte son rôle politique de clef de voûte de la filière.
Le groupe a un plan stratégique sur plusieurs années pour continuer de structurer des filières, dont elle cherche la rentabilité pour les producteurs, de conforter le leadership de ses positions en France, et de relever les défis des protéines végétales.
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