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Une moisson un peu frustrante

La quasi totalité des orges d'hiver a été récoltée, c'est en cours pour les colzas et l'heure est à l'impatience pour les blés.

En orges d'hiver, le niveau de rendement, comme la qualité, est tout à fait honorable.
En orges d'hiver, le niveau de rendement, comme la qualité, est tout à fait honorable.
© jc gutner

Lorsqu’en ce milieu de semaine on fait le point d’avancement des récoltes dans le département, on retourne en arrière-plan de chaque commentaire un soupçon de frustration, voire plus, et ce quelle que soit la zone ou l’espèce.

Escourgeon : un  bon cru (malgré tout)
Avec la belle période autour du 17-18 juillet, la quasi-totalité des orges d’hiver a été récoltée. Ne restait ce mercredi 23 juillet que quelques parcelles encore à récolter, mais moins de 2 % de la sole.
Le rendement moyen devrait s’établir dans la fourchette 85-87 qx/ha, et ce sans distinction de zone particulière dans le département. La grande majorité des parcelles se situe entre 70-75 qx et 100-105 qx pour les extrêmes. En valeur absolue, c’est un niveau de rendement tout à fait honorable, renforcé de surcroît par un critère qualitatif honorable : les orges brassicoles présentent un taux de protéine conforme, et un taux de calibrage qui sera globalement correct, entre 80-90 %, mais avec des décrochages à 60 % ça et là.
La frustration vient surtout des espoirs que chacun fondait au regard du potentiel des récoltes début juin. «On s’était permis d’espérer 8 à 10 quintaux supplémentaires. Ils ne se sont pas exprimés et ça laisse un goût d’inachevé, commente David Favier directeur de Calipso, notamment en orges hybrides qui n’ont pas connu cette année un avantage systématique de 8-10 qx comme les années antérieures».
«Les hybrides ne décrochent jamais en dessous des lignées, c’est déjà un bon signe, mais elles ne sont pas systématiquement nettement supérieures» commente François Loyau, de Noriap. Seule certitude, l’avènement de la variété Etincel qui a supplanté Cervoise en variété brassicole, et dont le comportement a été régulier et correct.

Colza : grandes hétérogénéités et petits PMG
La récolte des colzas est en cours, à un stade plus ou moins avancé, allant quasiment de trois quarts des parcelles sur la zone de Sana Terra, à un tiers sur la zone Calipso.
Concernant Sana Terra, le directeur Benoît Dewas considère que le rendement moyen peut être estimé aux environs de 4,5 T/ha, chiffre qui semble plus élevé dans la zone, puisque pour l’heure la tendance est plutôt à 38-40 sur les collectes Noriap et Calipso, avec une fourchette allant de 20 à 50 qx.
C’est dans les terres les plus légères qu’on observe les rendements les plus faibles, avec en général des PMG faibles. Plusieurs hypothèses sont émises comme un stress hydrique en juin pénalisant une biomasse fournie à cette époque, une maturité à peine suffisante avec une perte sur les siliques du bas, l’égrenage par le vent ou la pluie sur les derniers jours (il est tombé plus de 160 mm d’eau par endroit sur des parcelles quasi-mûres).
L’aspect mécanique pourrait aussi jouer. «On peut s’interroger cette année sur les outils de récolte, car en année de PMG faibles, les barres de coupe un peu spécifiques et les réglages un peu affinés semblent porter leurs fruits, et éviter des pertes mécaniques», complète François Loyau. Chacun escompte avancer en colzas en cette fin de semaine, et affiner les analyses sur une récolte complète.

Blés : impatience, inquiétudes, instabilité
Pour la culture phare, en blé, l’heure est plus à l’impatience et à l’inquiétude : seuls 4 à 5 % de la zone Est a été récoltée, et encore moins sur le reste du département. A présent que la maturité est là, chacun espère un répit climatique pour pouvoir travailler et rentrer la récolte à son potentiel actuel, qui est à présent menacé en cas de mauvaises conditions climatiques durables.
Cette impatience va de pair avec une inquiétude qui se fait l’écho de bon nombre de bassins de productions voisins : inquiétude pas forcément sur les rendements, sauf quand la maladie l’a emporté sur la protection fongicide, ni forcément sur les PS, qui sont semblent-ils encore corrects, mais sur le caractère panifiable, et donc sur l’indice de Hagberg.
Bon nombre de bassins font état des blés germés, de qualité uniquement fourragère, et entre les pluies tombées sur des récoltes mûres et des nuits froides en juin, la question est cette semaine de savoir quelle sera la proportion dans le département de blés germés ou pré-germés.
Difficile techniquement de se prononcer à ce stade de la récolte, mais pour accroître l’inquiétude, l’instabilité s’est instaurée dans les marchés. «On voit 30 € d’écart aujourd’hui, entre un blé panifiable et un blé fourrager», commentent David Favier et Benoît Dewas, et «on sent la pression des acheteurs».
Dans ces conditions, et au vu des cours mondiaux, le critère qualitatif panifiable ne sera pas une plus-value, mais une simple porte d’entrée sur certains marchés. A l’inverse, le critère fourrager sera à coup sûr pénalisant.
Autant d’incertitudes que chacun a hâte de quantifier réellement sur sa zone de collecte, d’où la véritable impatience d’attaquer enfin pleinement et durablement la récolte qui pour l’heure aura été saccadée.
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