Gestion de l'eau
Violente manifestation à Sainte-Soline contre des projets de réserve d'eau
Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés le 25 mars à Sainte-Soline (79) pour manifester contre les retenues d’eau. Les forces de l’ordres ont permis de sécuriser les lieux. Les affrontements avec les manifestants ont été violents.
Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés le 25 mars à Sainte-Soline (79) pour manifester contre les retenues d’eau. Les forces de l’ordres ont permis de sécuriser les lieux. Les affrontements avec les manifestants ont été violents.


La manifestation avait été annoncée par les organisateurs comme « pacifique ». Il n’en a rien été. Les militants de Soulèvement de la Terre, de la Confédération paysanne et de Bassines Non merci n’ont rien respecté : ni les personnes, ni les biens, ni l’interdiction qui leur avait été édictée par la préfecture des Deux-Sèvres, de se rassembler et de manifester. La « désobéissance civile » a d’ailleurs bon dos et a permis toutes les exactions. Ils ont ainsi été des centaines d’entre eux à se lancer à l’assaut des gendarmes et policiers avec des cocktails Molotov, des machettes, des boules de pétanque et bien d’autres armes par destination (bouteilles de bières vides, pierres…) avec la farouche volonté d’en découdre.
La bataille rangée, très brutale, a duré une vingtaine de minutes. « Un combat de haute intensité », a déclaré le général de division de gendarmerie, Bertrand Cavallier, à BFMTV. Plusieurs véhicules militaires (fourgons, voitures) ont été brûlés. En fin de journée, le parquet de Niort faisait état de 47 blessés parmi les forces de l’ordre et 7 du côté des manifestants. Un manifestant de 30 ans se trouve, à l’heure où ces lignes sont écrites, entre la vie et la mort.
Selon l’avis de certains observateurs, l’intention des organisateurs était aussi délibérée que perverse. Ils souhaitaient qu’un drame se produise comme à Sivens en octobre 2014 pour que le gouvernement soit contraint et forcé de mettre un terme au projet.
Quoiqu’il en soit, les 6 000 manifestants n’ont pas réussi à atteindre la retenue d’eau qu’ils convoitaient pour la détruire. Ils se sont toutefois attaqués, en guise de maigre compensation, à l’une des vannes du futur projet, réussissant à la percer à l’aide d’une meuleuse.
« Violence intolérable »
Les réactions ont été nombreuses. Sur son compte Twitter, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert a exprimé « tout son soutien aux agriculteurs victimes des invasions et du harcèlement des manifestants, aux forces de l’ordre qui protègent les populations et les installations. Les trois organisateurs devront répondre des actes violents et haineux qu’ils ont suscités », a-t-elle écrit.
La FNSEA 79 et les JA des Deux-Sèvres ont eux aussi condamné, dans un communiqué commun, « les violences et la Confédération paysanne », demandant « des condamnations fermes et rapides. Ces individus doivent être immédiatement stoppés et condamnés », ont-ils écrit en recadrant le discours mensonger des manifestants.
Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, s’en est pris, sans les nommer, aux nombreux députés français et européens LFI et EELV présents à Sainte-Soline : « Quand vous acceptez, comme élu de la République, d’être avec des manifestants portant haches, machettes, fusées - manifestants qui, tels Néron voyant Rome brûler se réjouissent de voir le feu se propager - vous portez une part de responsabilité », a-t-il mentionné sur son compte Twitter.

La Première ministre, Elisabeth Borne a dénoncé un « déferlement de violence intolérable ». Si aucune interpellation n’a été pratiquée pendant les échauffourées, le parquet de Niort a cependant décidé d’ouvrir une enquête pour le motif suivant : « organisation de manifestation interdite pour identifier les personnes responsables de ce mouvement particulièrement violent », a-t-il annoncé.
Quant à l’un des leaders de manifestation, Julien Le Guet, il a clairement fait savoir au micro de RTL que cette « violence l’avait galvanisé ». Il a aussi indiqué à nos confrères de la Nouvelle République qu’il n’excluait pas une nouvelle manifestation cet été. « Et nous serons encore plus nombreux », a-t-il assuré. Les 3200 gendarmes et policiers mobilisés sont restés sur place pour quelques temps encore.