Dans les champs, des problèmes de résistance
On ne peut pas parler ni d’exotisme, ni d’invasion. Mais certaines espèces locales résistantes posent de vrais problèmes dans les cultures. C’est le cas, par exemple, du ray-grass.
On ne peut pas parler ni d’exotisme, ni d’invasion. Mais certaines espèces locales résistantes posent de vrais problèmes dans les cultures. C’est le cas, par exemple, du ray-grass.

«La problématique ray-grass se durcit partout depuis trois ou quatre ans. Le désherbage de printemps seul n’est plus efficace», alerte Hervé Georges, conseiller en production végétale à la Chambre d’agriculture de la Somme. De plus en plus, dans le territoire, des tiges dressées formant des touffes de 20 cm à 60 cm de haut, aux feuilles très allongées, se dressent au-dessus des céréales. Elles posent un véritable problème économique en raison de l’impact sur les rendements et du coût de la lutte.
La succession ininterrompue de cultures d’hiver et les techniques simplifiées de travail du sol conviennent idéalement au développement du ray-grass. De nombreuses parcelles sont sales et, sans que toutes soient concernées par ce phénomène, les cas de résistance aux anti-graminées foliaires sont très nombreux. Selon Arvalis-Institut du végétal, «la lutte contre les ray-grass doit se diversifier, en combinant moyens agronomiques et désherbage chimique. Ce dernier doit de plus en plus passer par des applications de produits racinaires dès l’automne. Le plus tôt est le mieux : il est essentiel de bâtir un programme avec une prélevée ou une postlevée précoce solide via des associations afin de viser une efficacité maximale».
Intervention pompier
La Chambre d’agriculture de la Somme a tout de même mis en place des essais de désherbage chimique au printemps, sans aucun traitement d’automne. «Nous avons testé trois modalités : le Sulfo à 1,5 l/ha, l’Axial One à 1,2 l/ha et un mélange de Sulfo et d’Axial One à trois quarts de dose. Ces modalités ont été testées le 9 mars, le 16 avril et le 25 mai», présente Hervé Georges. Le Sulfo au 9 mars et l’Axial One au 25 mai montrent notamment des résultats intéressants. «Mais à cette date, la concurrence de la culture est faite. C’est une intervention pompier !»
Des enseignements peuvent être tirés : «Soit il faut intervenir très tôt, dans de bonnes conditions, soit il faut attendre que le ray-grass monte à épis pour le stériliser.»