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Des algues pour booster les performances des méthaniseurs

UniLaSalle Beauvais a inauguré, ce 19 octobre, son démonstrateur Algues 4 biométhane en présence des partenaires et élus, un projet porté par les agglomérations de Creil, Beauvais et Compiègne, le Conseil régional des Hauts-de-France au titre du fonds pour la troisième révolution industrielle, GRT gaz et l’Ademe.

L’objectif de ce premier projet mené par les partenaires est de mesurer l’intérêt de cultiver des algues pour les mettre dans les digesteurs avec les habituelles aliments agricoles afin d’augmenter la productivité des méthaniseurs. Que ce soit Philippe Choquet, directeur d’UniLasalle, Aymeric Bourleau pour l’agglomération du Beauvaisis ou Denis Pype pour le Conseil régional, tous se sont réjouis de cette première réalisation commune qui, à terme, pourrait aboutir à la production industrielle d’algues dont certaines molécules d’intérêt pourraient servir à la chimie, la cosmétique ou l’industrie agroalimentaire et le reste, après dégradation, pourrait alimenter des méthaniseurs agricoles en augmentant leur productivité. Cette nouvelle filière participerait à la décarbonation de l’économie, à donner des perspectives à l’agriculture et à faire du Beauvaisis un territoire reconnu pour son excellence, sa capacité d’innovation et attractif.

C’est Thierry Ribeiro, enseignant-chercheur sur les bioprocédés et la méthanisation à UniLaSalle, qui a présenté le procédé imaginé pour tirer le meilleur parti des micro-algues dont les potentialités sont immenses.

 

Cultiver des algues

La première étape de cette expérimentation consiste à comparer deux méthodes connues de culture des micro-algues. Ont été installés un photo bio-réacteur et un bassin à contre-courant. Le premier consiste à cultiver en circuit fermé une micro-algue choisie, la chlorelle. De l’air est insufflé par le bas d’une série de tubes remplis d’une solution nutritive et éclairés par des leds, ce qui dope la concentration en algues, qui peut atteindre 2 à 3 g/l. «Il s’agit d’étudier la faisabilité de ce système de culture», précise Thierry Ribeiro. En effet, en l’implantant sous une serre, l’objectif est de garder la chaleur, nécessaire au développement des algues et, donc, de limiter les effets de saison. Car il s’agit bien de produire des algues en conditions réelles picardes. À noter que la chaleur dégagée par un méthaniseur pourrait servir à chauffer la serre dans laquelle seraient cultivées les algues, solution vertueuse.

La piscine est l’autre méthode de culture. Il s’agit d’un bassin de 150 m2, d’une hauteur d’eau de 35 cm, laquelle eau est mise en mouvement grâce à une colonne de CO2 qui produit l’effervescence nécessaire au mouvement de l’eau. Là aussi, des nutriments sont contenus dans l’eau et on peut espérer récolter 0,2 g/l, soit dix fois qu’avec la méthode en circuit fermé, laquelle est aussi plus onéreuse à mettre en œuvre. Des mesures automatiques ainsi que des analyses régulières effectuées par les chercheurs permettront de comparer les deux systèmes.

 

Les méthaniser

Les algues cultivées seront utilisées pour les molécules d’intérêt qu’elles contiennent et, à ce titre, plusieurs espèces d’algues seront étudiées pour les richesses qu’elles peuvent contenir.

Ensuite, elles seront mises dans les digesteurs expérimentaux avec d’autres aliments issus de la ferme d’UniLaSalle et, notamment, des effluents d’élevage. Mesures et analyses devraient permettre de trouver la bonne proportion entre algues et effluents et les espèces d’algues au plus fort pouvoir méthanogène. Et celui-ci pourrait augmenter de façon conséquente la productivité des méthaniseurs. Les premiers résultats devraient être publiés rapidement.

La culture des algues pourrait devenir une nouvelle opportunité de développement de la méthanisation. L’algoculture, bientôt dans les fermes picardes ?

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