Aller au contenu principal

Intercommunalités : ce qui change

La dernière étape de la loi NOTRe a abouti à une nouvelle définition du périmètre et des intercommunalités. Analyse avec Philippe De Mester, préfet de la Somme.

© AAP


Monsieur le Préfet, comment s’est déroulée sur la Somme cette réforme des intercommunalités ?

La loi NOTRe est une consigne directe de l’Etat qui a fixé à la fois le contour avec un plancher de 15 000 habitants par intercommunalité, mais aussi le calendrier. Cela nous a obligé à travailler efficacement, et la base proposée par Nicole Klein, qui me précédait nous y a aidé : le principe qui a perduré est celui du «bloc par bloc», à savoir des fusions et pas de découpage au sein de l’existant. La CDCI (Commission départementale de la coopération entre intercommunalités) a validé et maintenu ce principe tout au long du processus. Certes, il y a çà et là quelques cas de communes spécifiques à régler à présent, mais à l’échelle du département, c’est marginal.

Y a-t-il une similitude avec la nouvelle carte des cantons ?
Non pas vraiment. La carte des cantons est une carte purement électorale. Elle ne sert qu’à la représentativité des territoires au sein du Conseil départemental, mais en soi un canton n’est pas porteur de compétence. A l’inverse, les intercommunalités sont des autorités de gestion territoriales majeures, tant pour les municipalités que pour les concitoyens. Elles sont dotées de moyens humains et financiers pour les assumer, non pas au détriment mais au service des communes.

C’est-à-dire ?
Même s’il y a des voix qui décrient cette nouvelle organisation, force est de le reconnaître : nombreux sont les maires qui sont dépourvus et en stress face aux obligations à l’échelle communale. Ils ont rarement, surtout dans les petites communes, les moyens de répondre à l’ensemble des attentes des concitoyens. A présent, les intercommunalités vont permettre de mutualiser ces compétences, et d’accéder à une forme de «taille critique» permettant de mobiliser les ressources humaines et financières nécessaires pour répondre aux besoins locaux.

Cette réforme, avec le principe du seuil minimal, ne risque-t-elle pas de fragiliser les petites communes rurales et le rôle des maires ?
Non en aucun cas. Concernant les maires et les conseils municipaux, ils ont deux rôles majeurs : ils demeurent le maillon de la république de proximité, et pour bon nombre de sujets le premier interlocuteur des concitoyens. Ensuite, ils sont les représentants de leur commune dans l’intercommunalité, ce rôle est fondamental pour le développement de leur commune et des services aux habitants.
Concernant la fragilité des petites communes, c’est plutôt l’inverse car dans le collectif elles vont avoir accès à des services auxquels seules elles ne pouvaient plus accéder. Je pense par exemple aux documents d’urbanisme, dont trop de petites communes ne sont pas dotées, ce qui pénalise leur attractivité.

Quels sont les enjeux des intercommunalités qui vont impacter directement le monde agricole ?
Inéluctablement, les enjeux liés à l’eau et à l’assainissement. Même si le transfert de compétences avec les syndicats est encore à caler, ne serait-ce que pour des questions de juxtaposition des réseaux, l’accès et la préservation de la ressource en eau est un réel sujet entre les agriculteurs et les intercommunalités. L’autre qui me vient à l’esprit est celui des PLUi, entre des besoins de construction ou de densification, et la volonté de préserver les terres agricoles.

On voit déjà des intercommunalités porter les projets de développement économique… Y aura-t-il une compétition entre elles ?
C’est déjà le cas ! Les règles sont claires : la Région a la responsabilité de l’accueil économique, et fixe l’appui aux entreprises pour qu’il soit uniforme sur son territoire. Elle est la seule collectivité à pouvoir intervenir sur l’aide financière aux entreprises, mais peut en déléguer la mise en œuvre aux départements pour certaines d’entre elles. Elle fixe également les règles de l’aménagement du territoire au travers d’un schéma cadre, qui est en cours d’élaboration. Pour leur part, les intercommunalités ont la responsabilité de leur accueil physique, concret, avec les questions de l’occupation des sols, de voiries et de réseau. En résumé, la Région gère les aides, les intercommunalités gèrent les zones, et peuvent exploiter pleinement cet espace de liberté.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

La préparation du sol représente une étape essentielle de la conduite de la culture.
Pourquoi il ne faut pas être trop pressé pour semer le lin

Arvalis recommande d’attendre des conditions sèches et réchauffées pour favoriser une levée homogène et limiter le risque d’…

Johan Boudinel, un samarien champion du monde de boucherie

Johan Boudinel, artisan-boucher d’Arrest, fait partie de l’équipe de France de boucherie qui a décroché le titre de championne…

lin France 5
"Le lin, ce trésor français" sur France 5 ce soir

La chaîne France 5 diffuse ce mardi 1er avril en soirée (21h05) un documentaire consacré à la culture et à la valorisation du…

Les semis d’orge de printemps et de pois sont réalisables jusque fin mars.
La plaine s’adapte aux réductions de surfaces de légumes et de betteraves

Avec le retour des beaux jours, les semoirs sont de sortie dans la Somme. Cette année est un peu différente, avec un…

Laurent Degenne OPA Chambre d'agriculture Hauts-de-France
Laurent Degenne reconduit à la présidence de la Chambre régionale d'agriculture Hauts-de-France

Président de la Chambre régionale depuis 2022, le samarien Laurent Degenne bénéficie une nouvelle fois de la confiance des…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde