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Agroalimentaire
Les conséquences du changement de mains de Mousline pour ses producteurs

À lui seul, le changement de propriétaire de l’usine Mousline a tenu en haleine les producteurs de pommes de terre adhérents du groupement livrant l’industriel spécialisé dans la fabrication de purée lors de son assemblée générale.

Depuis le 12 janvier dernier, on ne parle plus de «GPS», mais de «GPM» pour désigner le groupement des producteurs de pommes de terre livrant l’usine Mousline de Rosières-en-Santerre (80). À l’occasion d’une assemblée générale extraordinaire, les adhérents du groupement (132) ont en effet validé ce changement de nom. Également lors de cette réunion présidée par Jean-Luc Guyon, la rencontre – pour la plupart d’entre eux, il s’agissait de la première fois – entre les agriculteurs adhérents du GPM et le nouveau patron de l’entreprise Mousline, Philippe Fardel. Et comme on pouvait s’y attendre, les questions n’ont pas tardé à fuser sur l’avenir de l’entreprise après sa cession à un fonds d’investissement par Nestlé. 

Comme il l’avait fait quelques mois plus tôt devant la presse à Paris, lors de sa prise de fonction, le PDG de Mousline est revenu sur les fondamentaux de la marque - 71 % de parts de marché en GMS dans le rayon des purées ; un taux de notoriété exceptionnel (90 %) chez les consommateurs Français ; 59 % des consommateurs français qui estiment que «Mousline est adaptée à la cuisine d’aujourd’hui…» - avant d’évoquer son avenir.

De la purée, rien que la purée

Si dans l’assemblée, certains producteurs donnaient l’impression de déjà regretter le partenariat entre Nestlé et le groupement, charge est venue à Philippe Fardel de convaincre, interrogé sur sa capacité à tenir les engagements contractuels et l’avenir de l’entreprise : «J’ai 62 ans. J’avais une situation confortable chez Nestlé. J’aurai pu faire valoir mes droits à la retraite, mais si j’ai quitté Nestlé et que j’ai investi personnellement, c’est parce que j’y crois», a déclaré le nouveau patron de Mousline. Sa logique est «d’augmenter l’activité plutôt que de faire des économies. On veut dynamiser la marque en l’actualisant aux attentes d’aujourd’hui.» Parmi ses objectifs à court terme, il évoque son ambition de faire progresser de «7 %» les ventes de Mousline en GMS, et «suivre ce rythme pour les années à venir». Les négociations commerciales qui ont débuté sont «un baptême du feu» pour l’équipe commerciale de Mousline qui a pour objectif de faire passer une hausse de ses tarifs de «20 %». Un pari osé ? «On a la chance d’être le seul acteur du marché avec une marque forte», analyse Philippe Fardel. Le PDG de Mousline entend également capitaliser sur le cœur d’activité de la marque - la purée de pommes de terre -, sans chercher à «premiumiser» son produit : «Nous voulons que cela reste un produit populaire.» 

Prix en hausse de 45 %

Dans l’exposé de sa stratégie industrielle, il indique vouloir fabriquer à Rosières-en-Santerre des recettes réalisées jusqu’à présent ailleurs, sans dévier de son segment : «Nous n’avons pas prévu de faire des frites, par exemple, parce que c’est un marché compliqué, avec des acteurs très implantés. Nous ne faisons que la purée et c’est très bien comme cela.» 20 millions d’euros vont être investis sur place. Quant à d’autres développements, «cela dépendra de vous (les producteurs, ndlr) et de vos engagements… Notre volonté est d’augmenter les volumes achetés via le groupement». En 2021, le groupement encore baptisé GPS a livré 62 738 tonnes de pommes de terre à l’usine Mousline qui en a transformé un peu plus de 89 000 tonnes. En résumé, «on (le groupement) réalise 70 % de l’approvisionnement. On aimerait bien avoisiner les 100 %...», a expliqué Jean-Luc Guyon. «On est dépendant de vous, mais nous avons la volonté de grandir ensemble…» a de son côté explique Tristan Caron, responsable agricole de Mousline. Avec une nouvelle ligne de production, la capacité de transformation de l’usine sera portée entre 28 et 30 000 tonnes de flocons. En 2022, elle a produit un peu de moins de 18 000 tonnes. L’ambition affichée par le nouveau patron de Mousline est «d’arriver à 22-25 0000 tonnes assez rapidement». 

Parmi les points positifs, Jean-Luc Guyon partage avec la nouvelle présidence de Mousline «une vraie volonté d’aller plus dans les discussions», ainsi que la possibilité d’engagements contractuels pour plusieurs années. Contrairement à la campagne 2021-2022, les producteurs de GPM ont désormais le choix de la durée de leur contrat (1, 2 ou 3 ans). Les discussions entre le groupement et Mousline qui se sont terminées en novembre dernier pour les campagnes 2023, 2024 et 2025 ont permis d’acter l’augmentation des volumes contractualisés de 15 000 tonnes de matière sèche (soit entre 200 et 400 hectares), un prix en hausse de 45 % ou encore le principe d’une clause de flexibilité optionnelle, a-t-on appris lors de l’assemblée générale. 

Projet d’OP dans les cartons

«Mousline a accepté assez vite les demandes du groupement parce que l’entreprise a un plan de développement et qu’elle a besoin de marchandise», s’est réjoui Jean-Luc Guyon, également satisfait de la nouvelle grille tarifaire proposée aux producteurs en décembre dernier : «Si l’on tient compte du taux de matière sèche, et fait que le transport soit intégré au prix, on n’a franchement pas à rougir par rapport à ce qui se pratique ailleurs…», a-t-il dit.

Sur les autres points abordés lors de l’assemblée générale, celui du montant de la cotisation pour adhérer au groupement. Constatant être «un peu court» sur le plan des recettes, le conseil d’administration du GPM a proposé que la contribution des producteurs à son fonctionnement passe de 0,05 €/t à 0,2 €/t. Adoptée à l’unanimité, cette proposition devrait, selon Jean-Luc Guyon, «nous donner un peu de marges de manœuvre». Quant au projet de constitution d’une organisation de producteurs, «il reste en cours», a souligné le président du GPM. «On aimerait que les choses aillent plus vite, mais nous ne sommes pas décideurs de tout…»

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