Les quatre outsiders de la traite robotisée
Dominé par deux marques, le marché du robot de traite
est de plus en plus concurrencé par les autres constructeurs.

Même s’il subit les répercussions de la crise laitière, le marché français du robot de traite reste très attractif pour les constructeurs. D’après Idele, le nombre d’exploitations équipées d’au moins un robot de traite a plus que doublé depuis 2010. Face à cette mutation, les quatre constructeurs (Boumatic, Fullwood Packo, GEA et SAC), longtemps restés en retrait sur ce marché, ont dû réagir pour ne pas laisser définitivement le champ libre aux deux leaders du secteur, Lely et Delaval.
Bénéficiant pour la plupart d’une expérience significative dans la traite robotisée, ils n’ont plus vraiment à faire leurs preuves sur le plan de la technique avec des automates qui sont arrivés à maturité. L’enjeu se situe désormais dans la couverture et les compétences de leur réseau de distribution. Et aussi dans leur capacité à innover sur le plan des capteurs de qualité du lait, un argument des deux leaders qui fait mouche chez les éleveurs technophiles.
Avec sa vision mondiale, le constructeur américain Boumatic a tardé à commercialiser son propre robot de traite. Son automate en TPA est arrivé sur le marché en 2011 avec le MR-S1 à une stalle, puis le MR-D1 à deux stalles en 2013. Boumatic met l’accent sur la simplicité d’entretien pour que l’éleveur puisse limiter au maximum ses coûts de maintenance. Dans les principales évolutions, le constructeur propose désormais l’accrochage deux par deux avec un bras équipé de deux pinces pour réduire le temps de pose. Outre son avantage en termes de compacité, le robot double stalle semble faciliter la circulation des vaches, permettant à Boumatic d’annoncer une capacité de cent vaches ou un million de litres.
Boumatic, Fullwood Packo, GEA et SAC
Présent sur le marché depuis 1998, Fullwood Packo propose sa septième génération de robot avec le Merlin 2. Il se différencie par son nouveau bras à entraînement électrique (moteurs électriques animant des courroies crantées). Outre un gain de rapidité dans les mouvements, le constructeur annonce une réduction de la consommation électrique par rapport au précédent modèle animé pneumatiquement. La nouvelle conception permet une réduction des pièces en mouvement et une meilleure accessibilité, au profit de la maintenance. Le Merlin 2 se distingue également par son box à double entrée et à double sortie (entrée et sortie latérale ou longitudinale).
GEA s’est montré très actif depuis 2011 avec son robot Multibox MiOne. Son développement commercial était toutefois limité face aux robots monostalle de la concurrence. GEA a résolu la question en présentant en 2015 son robot Monobox, dont le bras est issu de son roto robotisé DairyProQ. Ce robot se distingue ainsi par sa compacité, conçue dans un objectif d’économie d’énergie. Cela se traduit par des mouvements réduits et de faibles longueurs de tuyaux. Une compacité qui a aussi un avantage en termes d’entretien, avec un module technique amovible qui peut être remplacé le temps de la maintenance pour limiter les temps morts. Autre particularité, une fois posé, le même faisceau trayeur assure l’ensemble des fonctions : stimulation, nettoyage et désinfection des trayons (option), premiers jets, traite et post-trempage (option).
Présent en France depuis 2007 avec un robot, SAC est resté fidèle à son bras industriel Motoman, gage de fiabilité et de facilité de mise à jour. Le constructeur continue de travailler sur la rapidité du bras afin de gagner en temps de pose. Le robot - et son bloc machine attenant - est capable de travailler en simple ou double stalle. Il fonctionne sans teaching, c’est-à-dire qu’il est capable de brancher une nouvelle vache sans paramétrage préalable. Le gobelet de préparation est solidaire du bras robotisé.