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Production de biomasse : un réel potentiel dans la région

Etat des lieux des surfaces et valorisation de la biomasse agricole en Picardie.

Récolte de miscanthus.
Récolte de miscanthus.
© AAP


Les régions Picardie Champagne Ardennes présentent un réel potentiel de développement de la filière biomasse énergie, en témoigne la création du Pôle Industrie Agro-ressources sur ces deux régions et le Réseau mixte technologique biomasse piloté par la chambre régionale d’agriculture de Picardie qui mobilisent un partenariat multiple (recherche, développement, enseignement, industriels, collectivités…).

La filière est en cours de structuration, elle s’implante progressivement en privilégiant la dynamique et les synergies locales (potentiel de la ressource pour assurer les approvisionnements en biomasse, infra structures agroalimentaires déjà présentes qui valorisent les coproduits de l’agriculture …).

380 ha pour l'instant
Actuellement on dénombre, selon les données du recensement agricole 2010 et des enquêtes complémentaires chambres d’agriculture 2012, 380 ha de cultures dédiées à la biomasse en Picardie (miscanthus, switchgrass et taillis de saule) sur 1,3 million d’hectares de SAU régionale. La Picardie est la quatrième région productrice de biomasse agricole derrière la Bourgogne (590 ha), la Bretagne (535 ha) et Champagne-Ardenne (440 ha). La production de biomasse dans la moitié nord de la France est centrée pour ces trois premières régions productrices autour de coopératives de déshydratation et de granulation (respectivement Bourgogne Pellets, Coopédom et Luzéal).
Au total, on dénombre en France 3380 ha dédiées à la production de biomasse agricole sur 29 millions d’ha de SAU nationale. La Picardie est favorable aux cultures biomasse sur le plan hydrique avec un potentiel de production moyenne de 11 à 14 t/MS/ha.
Si la filière se structure petit à petit, actuellement c’est aux producteurs de trouver leurs contrats de fourniture de matière. Dans ce domaine, c’est le gré-à-gré qui domine et les prix de vente sont forcément disparates. Quelques tendances se dégagent tout de même sur le miscanthus avec l’utilisation en combustible pour une chaudière polycombustible (environ 120 €/t départ).

Circuits de valorisation : tout reste à faire
Dans ce domaine, on constate souvent une utilisation en directe par les producteurs de miscanthus, mais l’exemple d’Hangest-Sur-Somme (qui chauffe les bâtiments communaux depuis le début de cet hiver) pourrait faire des émules dans un département où le taux de boisement est inférieur de 5% à la moyenne nationale. Pour une bonne combustion, le taux d’humidité doit impérativement se situer sous les 15%, la granulométrie doit aussi être adaptée à la capacité de la vis de remplissage.
L’utilisation comme paillage horticole ou comme litière animale fait déjà des heureux pour un prix d’environ 200 €/t départ champs (dépend de la propreté de la matière, du conditionnement, des distances…). Ici le dépoussiérage est de mise, le packaging joue également un grand rôle (100 L, 200 L, vrac…) dans la fixation du prix. Les possibilités auprès du grand public sont grandes, les jardineries vendent déjà des déchets de noix de coco venus d’ailleurs, le miscanthus produit localement a sa place dans les rayons.
Enfin, un troisième marché insoupçonné et pourtant bien réel gagne du terrain, celui de l’alimentation animale. Les contraintes techniques sont plus grandes (dépoussiérage parfait, granulométrie fine, disponibilité continue) mais les bénéfices sur la digestion des bovins et donc la qualité du lait produit sont indiscutables. En vrac, le miscanthus se négocie alors autour de 200 €/t départ.

Décollage prochain ?
La biomasse agricole connaît donc un démarrage difficile car il n’y a pas de filière clairement établie. Toutefois il y a de bonnes raisons d’espérer un décollage prochain tant le contexte picard est favorable à cette production et que les utilisations sont variées. Un combustible à prix fixe (contrairement aux énergies fossiles), un paillage produit localement, un aliment simple d’utilisation et apportant une valeur ajoutée à l’éleveur, sans compter les utilisations future comme la fabrication de biomatériaux isolants ou de biomolécules pour remplacer celles issues du pétrole, la biomasse agricole picarde dévoile peu à peu ses atouts et n’a pas fini de faire parler d’elle.

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