Quand s’engager contre les adultes de grosse altise
Observer pour prendre les bonnes décisions contre la grosse altise adulte reste la règle d’or, rappelle en
ce début du mois d’octobre les techniciens de Terres Inovia.
Observer pour prendre les bonnes décisions contre la grosse altise adulte reste la règle d’or, rappelle en
ce début du mois d’octobre les techniciens de Terres Inovia.


Avec les résistances aux pyréthrinoïdes de la grosse altise et du charançon du bourgeon terminal, la lutte contre ces deux ravageurs est devenue plus difficile. Mais la lutte ne se justifie que si la survie du colza est en jeu. Dans cet esprit, il est nécessaire de surveiller les prélèvements foliaires des grosses altises sur les petits colzas. Si vous avez réalisé un semis précoce dans des conditions favorisant un développement rapide des plantules, votre colza a normalement dépassé aujourd’hui le stade 3 feuilles.
Si les grosses altises sont signalées, il faut vérifier leur présence dans les pièges enterrés de vos parcelles. Une fois les insectes présents, il faudra observer les plantes car l’intervention ne se décidera qu’après l’observation des attaques sur plante et non sur le nombre de captures en cuvette. Comment reconnaître les dégâts ?
L’altise adulte se nourrit sur les cotylédons et les jeunes feuilles et ces prélèvements se traduisent par des morsures de 1 à 2 mm de diamètre.
Période de sensibilité et seuil de risque indicatif
Uniquement pour les colzas vulnérables entre le stade levée et 4 feuilles, le seuil indicatif de risque est de 8 pieds sur 10 avec morsures et 25 % de surface foliaire consommée.
Plus qu’un seuil de pourcentage de plantes avec morsures et de pourcentage de surface foliaire détruite, ce sont la vitesse d’accumulation des dégâts et la vitesse de croissance de la culture qui, pris en compte quasiment quotidiennement, permettent de bien appréhender ce risque altises adultes. Au-delà de 4 feuilles, le colza est généralement tiré d’affaire. Afin de faciliter la prise en compte de ces différents critères, un OAD est disponible en ligne sur la site www.terresinovia.fr
Le recours aux insecticides doit tenir compte du statut de résistance connu ou suspecté (cf. carte). En effet, un mauvais choix peut entraîner un échec immédiat et exercer une pression de sélection inutile. Si une intervention est nécessaire, n’intervenez qu’une fois sur adulte en utilisant de préférence Boravi® WG 1 kg/ha (à incorporer dans une eau à pH 5,5), et avec de bonnes conditions de traitement. L’altise d’hiver est active surtout dans les premières heures qui suivent la tombée de la nuit. Privilégier l’application en soirée avec un volume de bouillie d’au moins 150 à 200 l/ha. Cette intervention sur adulte n’aura que peu d’impact sur les infestations larvaires qui peuvent être visibles à l’entrée de l’hiver.
Si les deux applications possibles de Boravi WG sont utilisées sur adultes de grosse altise, seuls les pyréthrinoïdes pourront être utilisés sur charançon et larve de grosse altise avec un risque important de progression rapide des résistances.
Être averti pour bien agir
À partir de la mi-octobre, ce sont les charançons du bourgeon terminal (CBT) et les larves de grosses altises (GA) qui doivent retenir l’attention. La nuisibilité de ces deux ravageurs dépend, bien sûr, de la pression larvaire et aussi de la dynamique de croissance du colza. L’état de croissance du colza et sa capacité à poursuivre sa croissance de façon continue jusqu’à l’entrée de l’hiver puis en reprise de végétation sont déterminants.