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Interview
«Que les producteurs restent engagés à défendre le prix du lait»

Dominique Dengreville, Président de l’UPLP

© AAP

Après les vives réactions de la filière laitière, le rendez-vous annuel des agriculteurs, lors de la plaine en fête à Quesnoy sur Airaines, a été l’occasion d’échanges parfois vifs entre les parties intéressées. Le point avec le président de l’Uplp, Dominique Dengreville.

Pourquoi vous êtes-vous élevés contre la position de Sodiaal ?
En décidant de baisser le prix du lait de 5 €/1000 l sur le volume A et de 15 € sur le volume B, dans un contexte de forte hausse des charges d’exploitation des éleveurs, Sodiaal a mis le feu aux poudres. Sodiaal avait annoncé que la mise en place du système A et B garantirait l’application des accords interprofessionnels sur le prix A. Cette baisse est de sa responsabilité. Qui a augmenté les fabrications de lait de consommation de plus de 8% sur le premier semestre 2012 ? Le résultat ne s’est pas fait attendre. La grande distribution en a profité et cela s’est traduit par une baisse du prix départ usine du lait de consommation. Pour répondre à un problème de rentabilité, la seule réponse a été de diminuer le prix du lait. Alors que la coopérative a d’autres moyens grâce à ses associés coopérateurs de rectifier le tir en fin d’année. La défense du prix du lait devrait être la première préoccupation des administrateurs. Quand le signal est donné par le premier groupe coopératif français, il y a fort à craindre que cela soit suivi par d’autres. Et d’ailleurs, avec des méthodes différentes, on observe la même chose avec Lactalis.

Vous avez indiqué que la grande distribution était en partie responsable de cette situation.
Si on ne peut reprocher à une grande surface de profiter d’une baisse proposée par un fournisseur, il est clair que les différents échanges que nous pouvons avoir avec les dirigeants des entreprises laitières indiquent que les baisses successives consenties à la distribution lors des baisses de prix du lait à la production ne sont jamais récupérées totalement lorsque le prix du lait remonte. Celle-ci fait comme nous et observe les cours mondiaux du prix du lait. Notre prix suit d’ailleurs ces indicateurs. Mais il y a d’autres indicateurs par exemple comme celui des charges d’exploitation (ndlr : indice Ipampa) qui doivent être pris en compte. Cet indice n’a d’ailleurs jamais été aussi haut ! De mon point de vue, c’est ce message qu’il est nécessaire d’aller porter dans les grandes surfaces. Après ce n’est pas nous qui négocions avec les acheteurs, mais j’ai déjà proposé aux entreprises de nous «associer» à ces négociations. Finalement on fait appel au syndicalisme quand cela va mal pour les entreprises. Mais actuellement cela va mal pour les producteurs de lait. Lorsqu’il y a des hausses sur le pétrole ou le plastique les entreprises arrivent à passer des hausses. Elles doivent faire de même quand les charges des éleveurs augmentent.

Qu’attendez-vous des producteurs de lait ?
Qu’ils continuent de croire en leur métier et qu’ils restent engagés à défendre le prix du lait. On savait qu’après la fin des quotas il y aurait des hauts et des bas. Cela arrive plus vite que prévu. Dans un contexte de contractualisation qui amène les producteurs à être étroitement dépendants de leurs entreprises, plus que par le passé. Et finalement très dépendants de la bonne gestion de celles-ci. On parle de Sodiaal, de Lactalis, mais on pourrait dire de même pour la CLHN qui faute d’avoir prévu suffisamment tôt le renouvellement de ses contrats, applique une baisse de 25 €/1 000 litres dès le mois d’août. Avec des craintes sur la pérennité de la collecte du lait. Finalement le trait d’union sera fait par le syndicalisme laitier qui seul aujourd’hui a l’ambition d’avoir un projet de filière. J’attends des producteurs de lait qu’ils conservent ce sens de l’intérêt général et qu’ils se tiennent prêts : des actions seront conduites dans les prochains jours.

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