Vu sur les réseaux
A quoi sert un agriculteur ? « A vous nourrir », répond Olivier Thibaut
L’agriculteur et éleveur de Belloy-sur-Somme (80) s’exprime dans une nouvelle vidéo pour défendre un métier contrarié par l’accumulation de normes.
L’agriculteur et éleveur de Belloy-sur-Somme (80) s’exprime dans une nouvelle vidéo pour défendre un métier contrarié par l’accumulation de normes.

La dernière fois qu’Olivier Thibaut s’exprimait dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, c’était en septembre dernier pour annoncer sa candidature à l’élection présidentielle. Depuis la cour de sa ferme à Belloy-sur-Somme, entre Amiens et Abbeville, il expliquait vouloir se présenter devant les électeurs avec quelques messages à faire passer. S’il a reconnu un peu plus tard qu’il s’agissait d’un canular, il entendait en réalité regretter la multitude de candidatures, dont certaines fantaisistes : « Des propositions et des solutions, voilà ce dont on a besoin et non pas 36 000 candidatures », a-t-il dit.
Cette fois-ci, dans la vidéo qu’il a publié sur le réseau social Twitter jeudi 16 décembre, Olivier pointe du doigt l’ambivalence du citoyen-consommateur, et déclare « en danger » le métier d’agriculteur. « Le métier d’agriculteur est en danger depuis longtemps, mais j’ai l’impression que c’est plus encore aujourd’hui. Les citoyens veulent nous mettre de plus en plus d’exigences mais lorsqu’ils deviennent des consommateurs, ils ne veulent pas rémunérer ces exigences ».
Dans la suite de son message, l’agriculteur et administrateur de la FDSEA pointe aussi du doigt la responsabilité du monde politique : « Si les politiques nous mettent de plus en plus de charges, on ne peut pas être compétitif, et là non plus, ça ne passe pas ».
Enfin, Olivier Thibaut dénonce la manière dont ont été traités plusieurs de ses collègues, mardi 14 décembre, alors qu’ils participaient à une manifestation pour la défense de leur capacité à produire, devant le Conseil d’État : « Si quand on manifeste pour la défense de son métier, on finit en garde à vue, ça va être compliqué… », assure-t-il. Être agriculteur, résume M. Thibaut, ne devrait pourtant pas être « compliqué » : « En tant qu’agriculteur, mon activité principale, c’est de vous nourrir, produire du lait, de la viande, des céréales, etc… » Mais à mesure que le nombre d’agriculteurs diminue et que les surfaces dédiées à la production alimentaire prennent la même direction, c’est donc tout simplement la sécurité et la souveraineté alimentaires qui sont elles aussi « en danger ».