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Un bon millésime sucre en vue pour la campagne actuelle

Avec l’automne et l’hiver vient le temps de la transformation de la betterave en sucre. Panorama d’une campagne différente des autres années.

La fin du système des quotas de production de sucre ouvre des perspectives certaines à la filière française. Mais tout se déroule désormais sur des marchés mondiaux.
La fin du système des quotas de production de sucre ouvre des perspectives certaines à la filière française. Mais tout se déroule désormais sur des marchés mondiaux.
© J.-C. Gutner


Comme le dit le proverbe : «A la Saint Luc (le 18 octobre), la betterave devient sucre». Cette année, le contexte de production et la production elle-même changent profondément. Et tout d’abord, que s’est-il passé dans les champs avant l’arrachage ? «Les semis, terminés au début du mois d’avril, se sont passés dans l’ensemble dans de bonnes conditions. Depuis, la météo n’a pas été exceptionnelle (peu de pluie, températures en dessous des normales de saison, ensoleillement dans la moyenne), mais a permis un développement correct des betteraves», a indiqué, le lundi 11 septembre, la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), en début de campagne d’arrachage et de transformation donc.
Du côté du champ, ce sont 480 000 hectares de betteraves qui ont été plantés pour cette campagne contre 400 000 lors de la précédente, soit une augmentation de 20 % des surfaces. On pourrait atteindre les 44 millions de tonnes de betteraves transformées en sucre et en alcool.

Premières tendances
Les premiers prélèvements réalisés par les Syndicats betteraviers indiquent que «le rendement à 16 °S est estimé à 91,8 tonnes par hectare de betterave (t/ha), en hausse de 4,5 t/ha par rapport à la moyenne cinq ans, mais meilleur que l’an dernier (85 t/ha). Cependant, en comparant les valeurs des dix dernières années, le rendement est en stagnation. Le tonnage à 16° est supérieur à la moyenne quinquennale. Toutefois, si les estimations se confirment, il ne s’agirait alors que de la troisième meilleure campagne, derrière les années 2009 et 2011». Le rendement en sucre par hectare est estimé «par nos experts à 14,4 tonnes de sucre acheté/ha. Cela représente une hausse de 0,8 t/ha par rapport à la moyenne cinq ans».
Ces premières estimations des données de campagnes permettent donc d’être assez optimistes. «Toutefois, il est important de préciser que des disparités importantes entre régions sont à prévoir», souligne la CGB.

Campagne allongée
Avec la fin du système des quotas de production de sucre, intervenue de façon effective le 1er octobre 2017, les planteurs ont pu donc augmenter leurs surfaces de production. «Les usines ont, par conséquent, prévu de commencer à travailler les betteraves plus tôt que les années précédentes. Elles vont donc devoir fonctionner plus longtemps afin de traiter ces betteraves supplémentaires. La date d’ouverture moyenne des centres de réception de betteraves des usines est ainsi prévue au 11 septembre», indiquait la CGB début septembre. Elles pourraient fonctionner jusqu’au 25 janvier 2018 pour certaines, avec une campagne de traitement pouvant aller jusqu’à 140 jours. Mais attention à la gestion des stocks : «une ouverture trop précoce des usines est pénalisante pour le rendement betteravier. Les calculs réalisés par nos experts montrent en effet que des arrachages début septembre conduisent à une perte de rendement de 30 % et des arrachages début octobre à une perte de rendement de 10 %», met en garde le syndicat professionnel.

Nouvelles technos
Au cours des dernières décennies, la culture de la betterave a bénéficié des progrès en matière d’agronomie et de génétique, et «elle a su s’appuyer sur les grandes compétences des planteurs et des industriels». Ainsi, en cinquante ans, les rendements betteraviers ont quasiment doublé, passant de 40 à
90 tonnes de betteraves à l’hectare, avec une forte diminution des intrants (- 30 % de produits phytosanitaires en vingt ans), ce qui correspond à une progression de 7 à 14 tonnes de sucre à l’hectare.
Et les nouvelles technologies numériques ne sont pas en reste : géopositionnement au moment du semis pour optimiser la surface de croissance des plants, capteur de pesée et RFID pour respecter les charges des camions, télématique pour la gestion des flottes de camion au moment du déterrage...
Tout récemment, Tereos a présenté un objet connecté, encore en phase expérimentale, qui mesure l’intensité et la fréquence des chocs, de l’arrachage à l’arrivée à la sucrerie. Il transmet les mesures en temps réel sur une tablette et l’identification rapide des sources de chocs permet de modifier les réglages pour limiter ou atténuer les coûts et meurtrissures.

Rappels
Le système de quotas fonctionnait depuis cinquante ans, un prix minimum garanti d’achat de la betterave et une production sous quota assurant l’agriculteur d’une grande stabilité de son revenu. Avec la nouvelle réglementation mise en œuvre, la fin des quotas sucre est actée. La filière s’est préparée (économie circulaire, maîtrise énergétique, baisse des intrants, optimisation logistique...) à cette échéance depuis de nombreuses années, mais constate qu’elle va devoir «faire face à une plus grande volatilité des prix et à une plus forte concurrence. Ce changement est source d’opportunités, mais aussi de risques. Si la France pourra dorénavant exporter du sucre sur un marché mondial sans limite, il est impératif qu’elle soit compétitive. L’enjeu est de taille si la France souhaite sauvegarder une filière de référence et son statut de premier producteur mondial de sucre de betterave».
Il y a, en France, 26 000 planteurs qui ont produit, lors de la récolte 2016, 34 millions de tonnes de betteraves. Vingt-cinq sucreries et sucreries-distilleries ont ainsi été approvisionnées en France transformant la betterave en 4,5 millions de tonnes de sucre et 9 millions d’hectolitres (hl) d’alcool de betterave, dont 4,5 m hl d’éthanol carburant. La surface moyenne de betteraves par exploitation est de l’ordre de 16 hectares.

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