Mobilisation
Une forte mobilisation contre la réforme de la PAC
A l’appel de leurs syndicats locaux, FNSEA et JA du grand bassin parisien ont pris la route vendredi dernier pour les uns vers Paris, les autres vers Le Havre, Évreux, Melun ou encore Caen, Alençon, Laon, Reims et Troyes. Des rencontres avec les parlementaires avaient également lieu dans certains départements.
A l’appel de leurs syndicats locaux, FNSEA et JA du grand bassin parisien ont pris la route vendredi dernier pour les uns vers Paris, les autres vers Le Havre, Évreux, Melun ou encore Caen, Alençon, Laon, Reims et Troyes. Des rencontres avec les parlementaires avaient également lieu dans certains départements.

Sous l’étendard « France, veux-tu toujours de tes paysans ? » et « Sauve ton paysan », ils ont commencé leurs opérations escargot et dressé de nombreux barrages filtrants sur les routes sur l’autoroute A6 au niveau de Corbeil, sur la RN 20 à Étampes, sur la RN12 à Montfort l’Amaury, sur l’A13 à Maule, en direction de Paris et sur la route nationale 104 « La Francilienne » vers Villiers-le-Sec. Les autres se sont rassemblés pour converger les centres-villes et les préfectures.
Une perte de 80 euros par ha
Tous ont manifesté leur mécontentement sur les intentions de la Commission européenne et aussi du Gouvernement, à travers le Plan stratégique national (PSN) « d’imposer de nouvelles contraintes (…) et des normes supplémentaires qui nous feraient perdre le tiers des aides PAC que nous avons aujourd’hui », a indiqué Alix Heurtaut, secrétaire générale JA Ile-de-France. Or ces aides constituent pour beaucoup une part importante de leurs revenus. Beaucoup s’inquiètent de devoir répondre à de nombreuses conditions agroécologiques avant de toucher le moindre centime. « On arrive à un niveau de bureaucratie jamais atteint aujourd’hui et la PAC nous fera perdre environ 80 euros par hectare. Ça va être très compliqué de s’en sortir (…) Aujourd’hui c’est un premier coup de semonce », a averti David Vallée, président de la section FDSEA de Saint-Arnoult/Dourdan au micro de BFM TV-Paris. « Si on continue dans cette voie-là, il n’y aura plus d’agriculteurs en France et les Français se nourriront avec de l’alimentation venant de l’extérieur et moins saine que celle que l’on produit aujourd’hui », a ajouté Alix Heurtaut.
Soutiens politiques
« On a décidé de mener une action syndicale à l’échelle du grand bassin parisien. On a l’ambition d’adresser un message à Emmanuel Macron en guise d’avertissement », a renchéri Damien Greffin, président de la FNSEA Grand bassin parisien.
Les actions ont revêtu différentes formes : au Havre, ce sont 11 bennes de déchets en tous genres (souches d’arbres, betteraves et pommes de terre pourries, pneus…) qui ont été déversées devant la sous-préfecture. A Lille, dans le Nord, les agriculteurs ont pu s’entretenir directement avec le préfet ou le sous-préfet, représentant l’État dans le département, pour faire remonter leurs revendications. Les manifestations ont reçu le soutien de nombreux élus aussi bien à travers les réseaux sociaux qu’en présentiel. C’est ainsi que le président du Sénat, Gérard Larcher, vétérinaire de profession, s’est rendu sur place, aux côtés de Damien Greffin.
Dans la Somme, FDSEA et JA ont invité les parlementaires à venir échanger dans les locaux de la Maison des agriculteurs – les députés François Ruffin (LFI), Emmanuel Maquet (LR), les sénateurs Stéphane Demilly (UDI) et Laurent Somon (LR) se sont succédé pendant la matinée – ou en visio, à l’image du député Jean-Claude Leclabart (LREM).
L’action a semble-t-il porté ses fruits puisque le président de la FNSEA Île-de-France a décroché un rendez-vous avec le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, dans la semaine du 5 au 9 avril. En fin de matinée, les agriculteurs ont commencé à regagner leurs exploitations.