Aller au contenu principal

L’AGPB passe à l’offensive sur les attentes sociétales

Réunie en congrès à Compiègne, les 13 et 14 février, l’AGPB a dévoilé un projet stratégique qui vise à faire reconnaître l’évolution des pratiques des céréaliers. La RSE en est la pierre angulaire.

Philippe Pinta : «Un fossé qui se creuse entre les consommateurs et les producteurs.»
Philippe Pinta : «Un fossé qui se creuse entre les consommateurs et les producteurs.»
© Guillaume Perrin

Il s’agit d’«anticiper plutôt que subir», a expliqué le 12 février, en conférence de presse, le président de l’AGPB (Association générale des producteurs de blé et autres céréales) Philippe Pinta, annonçant aussi une campagne de communication sur le thème des «nouveaux céréaliers». Au-delà des enjeux sociétaux, l’AGPB veut «sortir d’une spirale de contraintes sur les moyens de production».
Son projet stratégique repose sur la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), avec un cahier des charges comme socle commun aux labels et normes déjà existants. D’autres pratiques que la bio méritent un coup de projecteur, selon le syndicat : la diversification des assolements, la réduction des intrants par l’agriculture de précision, les circuits courts et le recyclage via la méthanisation, l’agriculture de conservation, etc. «On doit se différencier, en expliquant ce qu’on fait», a souligné le secrétaire général, Eric Thirouin. Les céréaliers subissent «des contraintes extrêmement fortes, des distorsions de concurrence néfastes sur les résultats d’exploitation». «Essayons de les valoriser» à travers la RSE.

Un cahier des charges basé sur la certification HVE
L’objectif est de créer de la valeur, tant sur le marché intérieur qu’à l’export. «Demain, les importateurs auront des exigences environnementales pour les céréales qu’ils achètent», a considéré Philippe Pinta, invitant à «être proactif». L’AGPB veut donc «faire progresser tous les producteurs» dans une démarche de montée en gamme. Sur le volet environnemental, le syndicat vise une certification HVE adaptée aux grandes cultures. L’idée est de la rendre plus simple et attractive pour les céréaliers.
Reste à obtenir un accompagnement des pouvoirs publics pour cette transition du secteur. Quelque 10 milliards d’euros sur quinze ans sont demandés, avec les producteurs d’oléoprotéagineux, dans le cadre du plan de filière bâti lors des Etats généraux de l’alimentation. Sur le plan européen, l’AGPB espère avec son cahier des charges HVE obtenir «l’allègement des contrôles et en équivalence l’octroi d’aides conditionnées sur les exigences environnementales».
Partant du constat d’un «fossé qui se creuse entre les consommateurs et les producteurs», le syndicat des producteurs de blé lance par ailleurs une campagne de communication destinée à valoriser leur savoir-faire auprès du grand public. Des publicités sont notamment prévues dans la presse gratuite et les médias en ligne, couplées à une présence sur les réseaux sociaux, au lancement d’un site internet. «Les nouveaux céréaliers», intitulé de cette action, doivent permettre d’«expliquer ce qu’on fait mais aussi redonner confiance au monde céréalier», a déclaré Philippe Pinta.

Qualité des produits et respect de l’environnement

Les Français montrent un réel capital sympathie mais aussi de fortes attentes sociétales envers les céréaliers.
74 % d’entre eux en ont une bonne image, selon un sondage ViaVoice. Cette proportion tombe à 53 % chez les cadres urbains. Un même clivage apparaît sur le plan générationnel : au-delà de quarante ans, une plus grande défiance s’exprime à l’égard de la profession. La production de céréales est considérée comme un atout économique pour la France (81 % du grand public). 76 % des sondés estiment que le métier intègre les nouvelles technologies et l’innovation. L’enquête pointe également des attentes : une amélioration de la qualité des produits pour 42 % du grand public et des cadres (cesser le recours aux produits chimiques, augmenter la production bio), l’engagement dans un mode de production plus soucieux des enjeux environnementaux (38 % et 37 %).

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

La préparation du sol représente une étape essentielle de la conduite de la culture.
Pourquoi il ne faut pas être trop pressé pour semer le lin

Arvalis recommande d’attendre des conditions sèches et réchauffées pour favoriser une levée homogène et limiter le risque d’…

Johan Boudinel, un samarien champion du monde de boucherie

Johan Boudinel, artisan-boucher d’Arrest, fait partie de l’équipe de France de boucherie qui a décroché le titre de championne…

lin France 5
"Le lin, ce trésor français" sur France 5 ce soir

La chaîne France 5 diffuse ce mardi 1er avril en soirée (21h05) un documentaire consacré à la culture et à la valorisation du…

Les semis d’orge de printemps et de pois sont réalisables jusque fin mars.
La plaine s’adapte aux réductions de surfaces de légumes et de betteraves

Avec le retour des beaux jours, les semoirs sont de sortie dans la Somme. Cette année est un peu différente, avec un…

Laurent Degenne OPA Chambre d'agriculture Hauts-de-France
Laurent Degenne reconduit à la présidence de la Chambre régionale d'agriculture Hauts-de-France

Président de la Chambre régionale depuis 2022, le samarien Laurent Degenne bénéficie une nouvelle fois de la confiance des…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde