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Paris propose à Bruxelles une solution pour écouler les stocks de poudre

La France propose d’accélérer l’écoulement des stocks de poudre de lait écrémé qui pèsent depuis de longs mois sur le marché. Les ministres de l’Agriculture des Vingt-huit en discuteront le 18 juin, à Luxembourg.

Depuis fin 2017, la Commission tente de remettre sur le marché une partie des 350 000 t de stocks. 
Depuis fin 2017, la Commission tente de remettre sur le marché une partie des 350 000 t de stocks. 
© D. R.


Dans un document qu’elle soumettra au Conseil agricole du 18 juin à Luxembourg, la France propose l’affectation d’une quantité importante du stock de lait écrémé en poudre issu de l’intervention publique (encore d’environ 350 000 tonnes) «à une procédure d’appel d’offres spécifique pour l’alimentation animale» qui donnerait «une visibilité aux opérateurs et au marché, ce qui est aujourd’hui vital». Les stocks d’intervention, accumulés pendant la crise laitière de 2015-2017, pèsent depuis des mois sur le marché européen.
Le prix du lait écrémé en poudre est aujourd’hui de l’ordre de 1 350 à 1 370 E par tonne, un niveau historiquement bas correspondant à environ 80 % du prix d’intervention, souligne le document français. Depuis fin 2017, la Commission tente de remettre sur le marché une partie de ces stocks.
Mais jusqu’au mois de mars, cette procédure d’appel d’offres n’a permis de vendre que de faibles quantités «à des prix de vente minimaux en constante diminution», constate la France, qui se félicite néanmoins que «les offres reçues en avril aient permis de vendre plus de 24 000 tonnes à un prix très légèrement supérieur au prix fixé en mars». Et, note-t-elle, «même si les procédures d’appel d’offres devaient être organisées un peu plus fréquemment, les stocks resteront longtemps un frein sur le marché, en empêchant d’atteindre des niveaux de prix plus conformes à la dynamique actuelle de la demande».

OMC-comptatible
Aussi la France propose de mettre en place une procédure d’appel d’offres spécifique pour vendre les stocks - en particulier les plus anciens - à des fins d’alimentation pour animaux. Il existe une base juridique pour cela, avec un dispositif de garantie que la poudre n’entre pas à nouveau dans la chaîne alimentaire humaine, assure la France dans son document. La catégorisation de la poudre par date de fabrication pourrait se faire en ouvrant plusieurs procédures d’appel d’offres plutôt qu’une seule.
Les aliments pour porcelets, porcs de boucherie et volaille pourraient constituer des débouchés importants «en absorbant des dizaines de milliers de tonnes - ou plus, selon les modalités à définir». Et la France de prévenir qu’il n’est «pas question de vendre à un prix inférieur au prix des protéines végétales actuellement incluses dans l’alimentation animale. Cela ne donnerait donc aucun avantage aux entreprises opérant dans le secteur de l’alimentation animale et éviterait le risque que cette intervention soit considérée comme une subvention par l’OMC». Enfin, le coût budgétaire de cette mesure «doit être considéré par rapport au risque d’une nouvelle crise laitière due à une baisse du prix du lait, dont le coût pourrait s’élever à des centaines de millions d’euros, comme ce fut le cas lors de la crise de 2015-2017», souligne Paris.

+ 2,3 % de collecte de lait
A l’occasion de la Journée mondiale du lait, le 1er juin, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont rappelé que la situation du marché du lait écrémé en poudre reste assez fragile avec des prix inférieurs d’environ 20 % à ceux de l’an dernier, «mais ils commencent à repartir à la hausse. Cela s’explique en partie par des volumes de production plus faibles que prévu». «La Commission européenne veille également à ce que les grandes quantités de lait écrémé en poudre à l’intervention publique soient remises sur le marché progressivement, afin d’éviter de créer une situation de crise», se félicite le Copa-Cogeca.
En termes de production, les dernières données de la Commission font état d’une légère hausse de la collecte de lait dans l’UE en mars 2018 (+ 0,4 %) par rapport à mars 2017. La collecte cumulée de janvier à mars est supérieure de 2,3 % à la même période en 2017. Bruxelles prévoit un recul de la production sur le second semestre de l’année.

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