Les agricultrices partent à la conquête de l’Est
Le 30 juin, la commission des agricultrices s’est délocalisée à l’Est pour visiter Bonduelle et l’Inra à Estrées-Mons.

La visite du site de Bonduelle vient clôturer une année riche en découvertes des exploitations et industries de la Somme, telles qu'une endiverie, une pisciculture, un centre de tri des déchets, sans oublier les opérations de communication comme les «Fermes Ouvertes» ou les différentes foires ainsi que les formations.
Ainsi les agricultrices ont pu en savoir un peu plus sur cette entreprise multinationale implantée dans le département : un site de 50 ha, dont 20 ha de bâtiments que la commission a parcouru durant deux heures, découvrant les lignes de lavage et conditionnement des petits pois actuellement en pleine récolte, la ligne de surgélation des épinards et le stockage.
Le groupe a pu remarquer l’évolution de la mise en place des outils de production, qui va du mécanique ou du manuel (comme la feuille de salade introduite dans la boîte Cassegrain de petits pois) à l’automatisation, grâce aux robots qui emportent les palettes finies vers la zone de stockage.
Trente-six légumes différents sont travaillés à Estrées-Mons pour quatre gammes différentes : Cassegrain, Bonduelle, MDD et premier prix. Seule la couleur, la date de récolte ou le calibrage vont varier entre le haut de gamme et le premier prix, la charte agronomique, elle, reste la même.
Bonduelle compte 920 salariés permanents, et ce chiffre peut doubler pendant la campagne qui va de juin à octobre, et qui concentre 80 % de la production annuelle. Hors campagne, le site d’Estrées-Mons, travaille les légumes secs, les plats cuisinés et les légumes du soleil.
Le groupe a également visité le site de l’Inra, qui accueillait, ce 30 juin, l’ensemble des agriculteurs du Nord-Pas-de-Calais-Picardie appartenant au réseau Déphy Ferme. Les agricultrices ont ainsi visité les essais biomasse, avec, entre autres, le miscanthus et le switchgrass, dont les ingénieurs étudient le rendement en biomasse, l’impact environnemental (capacité à stocker le carbone, besoins en azote et en eau), les différentes variétés et la date de récolte optimale en fonction de l’utilisation. Ces cultures pourraient alors valoriser les terres autour de points de captage d’eau ou sur les zones polluées.
Impact de la baisse des indices IFT
Une autre thématique de la journée était l’impact de la baisse des indices IFT sur les rotations des cultures de la Somme. Ainsi, le groupe a pu juger les essais en conventionnel, avec ou sans labour et avec une moyenne de 50 à 70 % de baisse de l’indice IFT en herbicide. Cet essai en est à sa troisième année, et il sera intéressant de faire le point à la fin d’un cycle de rotation. Mais le groupe a pu se rendre compte que les études menées, si, elles étudient ou poussent à l’extrême les solutions alternatives, ne sont pas si éloignées des préoccupations actuelles des agriculteurs et de la société.
L’année se termine donc pour la commission agricultrices, mais rendez-vous est d’ores et déjà donné le 8 septembre prochain pour un projet de ferme pédagogique en élevage laitier.
Une enveloppe FAC pour les producteurs de bovins-viande
Un fonds d’allègement des charges (FAC) a été mis en place pour les producteurs de bovins viande spécialisés, les plus endettés et faisant face à des difficultés financières. Cette aide permet la prise en charge des intérêts de l’annuité de l’année 2015 à hauteur de 20 % de l’échéance annuelle (intérêts et capital) des prêts professionnels, et à 30% pour les jeunes agriculteurs. Elle concerne les échéances des prêts bancaires professionnels à long et moyens termes, d’une durée supérieure ou égale à 24 mois, bonifiés ou non.
Pour prétendre à l’aide, il faut :
- être spécialisé : 75 % du chiffre d'affaires doit être issu des activités d'élevage de bovins à viande, ou de bovins à viande et porcs ;
- présenter un taux d’endettement (annuités (hors foncier) / EBE) supérieur à 35 % ;
- présenter un taux de perte de l’EBE d’au moins 12 % sur le dernier exercice par rapport à l'historique.
Cette aide entre dans le champ «de minimis», c'est-à-dire que l'ensemble des aides exceptionnelles de minimis ne doit pas dépasser 15 000 euros sur les trois dernières années.
Les demandes d’aides doivent être déposées par les éleveurs auprès de la Ddtm au plus tard le 28 août 2015. A savoir que l'enveloppe pour la Picardie est de 38 500 €.
Marion Martin